
Le rappeur Thiat, figure emblématique du mouvement Y’en a marre, revient sur le devant de la scène avec un single au vitriol. Mis en ligne dimanche à 16 heures, son titre « Porozé Bi » a immédiatement fait l’effet d’une bombe : plus de 72 000 vues et 6 000 mentions « J’aime » en quelques heures, d’après L’Observateur. Dans ce clip aux punchlines incisives et métaphores acérées, le coordonnateur de Y’en a marre s’attaque frontalement au régime Pastef, poursuivant une tradition d’engagement artistique et politique.
Le parcours de Keur Gui, le groupe qu’il forme avec Kilifeu, est indissociable des confrontations successives avec les pouvoirs en place. « Sous Diouf, ils avaient signé Ken Bougoul et connu des démêlés avec le maire de Kaolack, Abdoulaye Diack, qui leur avaient valu la prison. Sous Abdoulaye Wade, ils ont récidivé avec Nos connes-doléances, en collaboration avec Mollah Morgun, sans oublier Autoroute à péage qui avait marqué les esprits. Sous Macky Sall, ils ont encore frappé avec des titres comme Diogou Fi ou Saï Saï », rappelle Malal Talla alias Fou Malade dans L’Observateur.
Avec « Porozé Bi », Thiat démontre que le rap contestataire reste plus que jamais une arme politique au Sénégal. Chaque régime, depuis plus de deux décennies, a dû composer avec cette voix rebelle qui allie musique et militantisme.
Par Komi ABLE


