Chronique du Pr Alioune Badara Ndiaye

L’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC) incarne une ambition étatique forte : reconstruire une région longtemps meurtrie par le conflit armé, et accompagner sa transition vers une paix durable fondée sur le développement. Créée pour être à la fois un outil de réinsertion, un catalyseur économique et un levier social, l’ANRAC représente une interface stratégique entre l’État et les communautés locales. Pourtant, plus de deux décennies après sa création, l’agence peine à remplir pleinement son mandat. Dans un contexte où les signaux de paix se multiplient, il est urgent de renforcer cette institution pour qu’elle puisse jouer le rôle qui lui revient dans la consolidation de la paix.
I. Un rôle stratégique pour la paix et le développement
L’ANRAC a vu le jour avec une triple mission : appuyer la réinsertion des ex-combattants dans le tissu socio-économique, promouvoir les investissements dans une région à fort potentiel inexploité, et améliorer l’accès des populations aux infrastructures sociales de base. Ce mandat en fait un acteur clé dans la dynamique de paix, car il établit clairement le lien entre sécurité, développement et réconciliation.
La particularité de l’agence réside dans sa proximité avec les communautés locales. Elle bénéficie d’un ancrage territorial qui, bien utilisé, peut permettre une meilleure identification des besoins, une meilleure appropriation des projets par les populations, et un alignement plus efficace avec les priorités locales. L’ANRAC, en théorie, est donc bien positionnée pour impulser une transformation structurelle de la Casamance.
II. Les limites structurelles et fonctionnelles actuelles
Malgré ses ambitions, l’ANRAC souffre de sérieuses limites qui freinent son efficacité. Le premier écueil réside dans l’insuffisance de ses moyens financiers et humains. Les budgets alloués sont souvent bien en deçà des besoins réels d’un territoire encore profondément marqué par la marginalisation et le sous-développement.
À cela s’ajoute une instabilité institutionnelle chronique, avec des changements fréquents de direction et l’absence d’une vision stratégique pérenne. Cette instabilité nuit à la continuité des actions et à la construction de partenariats solides avec les acteurs du développement.
La coordination reste également problématique. L’ANRAC peine à établir des synergies efficaces avec les ONG, les collectivités locales, les services déconcentrés de l’État, ou encore les partenaires techniques et financiers. Cette fragmentation des interventions se traduit par une faible lisibilité de l’action publique et un impact limité sur le terrain, souvent pointé du doigt par les populations.
III. Des axes de renforcement prioritaires
Face à ces constats, plusieurs pistes de renforcement s’imposent. D’abord, un renforcement institutionnel s’avère indispensable : il s’agit de stabiliser la gouvernance de l’agence, de lui doter d’une feuille de route claire, partagée avec les parties prenantes, et alignée sur les priorités nationales et locales.
Ensuite, il est impératif d’augmenter les ressources de l’ANRAC. Cela passe par un



1 Commentaire
Bonjour,
Comment puis-je lire la suite de cet article sur l’ANRAC . Le début est intéressant mais le chapitre sur les axes de renforcement prioritaires est tronqué
Merci
P Chevalier