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Milieu Ajamaat : Quand la loi devient un outil de silence

Oui, la loi exige une autorisation préalable pour toute sonorisation publique. En théorie, cette règle vise à préserver la tranquillité publique et à encadrer l’usage des espaces communs. Mais ce qu’on observe aujourd’hui en milieu Ajamaat dépasse largement ce cadre légal. Il ne s’agit plus d’une simple régulation administrative : c’est une application ciblée, asymétrique, qui transforme la loi en outil de contrôle social, voire de répression culturelle.

Une règle appliquée à sens unique

Pourquoi les cérémonies, les chants, les appels et les traditions de nos communautés doivent-ils systématiquement faire l’objet d’autorisations, pendant que d’autres groupes organisent librement leurs événements, souvent dans l’indifférence totale des autorités ? Ce deux poids, deux mesures ne relève pas du hasard. Il révèle une logique sélective, où les cultures minoritaires sont contraintes de se justifier là où d’autres jouissent d’une liberté de fait.

De l’autorisation à l’interdiction déguisée

Quand une demande d’autorisation devient un parcours du combattant, quand l’absence d’autorisation devient un prétexte pour faire taire des voix spécifiques, alors il ne s’agit plus de faire respecter l’ordre public. Il s’agit de filtrer, de trier, de hiérarchiser les expressions culturelles. C’est dans ce glissement que la loi cesse d’être un cadre et devient une barrière.

Refuser l’usage injuste des règles

Il ne s’agit pas ici de contester l’existence de règles. Une société sans règles est impossible. Mais il est légitime – et même nécessaire – de dénoncer leur usage discriminatoire. Car ce n’est pas la loi elle-même qui est en cause, mais l’intention derrière son application. Quand une même norme est appliquée de façon inégale, elle cesse d’être juste.

Nos voix comptent

Nos traditions, nos chants, nos rites ne sont pas des nuisances à contrôler. Ils sont le reflet vivant de nos identités. Les faire taire, c’est effacer un pan entier de notre mémoire collective. Dans une République qui se veut “une et indivisible”, le traitement équitable des citoyens et de leurs cultures devrait être une exigence de base, pas une faveur occasionnelle.

Ce que nous demandons, ce n’est pas un passe-droit. C’est simplement l’égalité. Et la reconnaissance que nos voix, elles aussi, ont droit de cité.

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