
Par Oumy Thiare
À 33 ans, après presque une décennie d’études supérieures exemplaires en France, Marie-Thérèse Gomis s’apprête à soutenir son mémoire de fin d’études. Pourtant, au lieu de préparer sereinement son entrée dans la vie active, elle fait face à une obligation de quitter le territoire français (OQTF), prononcée par la préfecture des Pyrénées-Atlantiques. Une décision incompréhensible qui suscite émotion, indignation et mobilisation dans le monde universitaire.
Un parcours académique sans faute
Originaire du Sénégal, Marie-Thérèse Gomis est arrivée légalement en France en août 2016 pour étudier le droit à Strasbourg. Depuis, son parcours universitaire est une démonstration de rigueur, de persévérance et d’excellence. Elle a enchaîné les diplômes à Strasbourg, Paris, Mulhouse et Rodez avant d’intégrer la Talis Business School de Bayonne, où elle termine aujourd’hui un mastère en ingénierie patrimoniale (niveau Bac+5).
Son mémoire de fin d’études porte sur « La création, la cession et la transmission de l’entreprise », un travail de haut niveau dans le domaine du droit des affaires. Marie-Thérèse est également en voie d’obtenir l’agrément de conseillère en investissement délivré par l’Autorité des marchés financiers (AMF), une qualification rare et précieuse sur le marché français.
Une décision administrative aveugle
Mais cette ascension pourrait être stoppée net. En juin, Marie-Thérèse a reçu une notification d’OQTF exécutoire en août. Ce n’est pas la première fois que son droit au séjour est remis en cause : il s’agirait de la troisième OQTF en quatre ans, malgré ses démarches constantes pour régulariser sa situation.
Cette nouvelle menace d’expulsion indigne ses enseignants et encadrants professionnels.
« C’est une aberration », s’insurge Manuel Herrero, notaire et professeur à la Talis Business School. « Marie-Thérèse est une élève exceptionnelle. Elle a une qualité de travail impressionnante. Notre pays ne devrait pas se priver de personnes comme elle. »
Une étudiante investie, un avenir déjà engagé
Installée à Boucau, dans les Pyrénées-Atlantiques, Marie-Thérèse consacre ses journées aux études et à la préparation de son avenir professionnel en France. Elle ne demande rien d’autre que la possibilité de vivre, travailler, et contribuer à la société française.
« Je prépare ma soutenance pour septembre. Je veux continuer à vivre ici, à travailler ici, et à contribuer à la société française », déclare-t-elle, la voix posée mais le cœur inquiet.
Son recours en référé a été rejeté par le tribunal administratif de Pau, mais la procédure au fond est toujours en cours, ainsi qu’un recours gracieux adressé au préfet. Ses soutiens espèrent un geste de discernement, un sursaut d’humanité.
Un cas emblématique d’un système à bout de souffle
À l’heure où la France cherche à attirer les talents internationaux et à revaloriser ses diplômes, l’histoire de Marie-Thérèse Gomis met en lumière une profonde fracture entre les discours politiques et les pratiques administratives. Comment justifier l’expulsion d’une étudiante brillante, reconnue, qualifiée, et sur le point de contribuer activement à l’économie française ?
Une opportunité à ne pas gâcher
L’expulsion de Marie-Thérèse Gomis ne serait pas seulement une erreur administrative. Ce serait un signal négatif envoyé aux étudiants étrangers, une perte de compétences pour la France, et une injustice humaine profonde.
Son histoire interpelle. Elle appelle à une réponse juste, humaine, et cohérente avec les valeurs républicaines.


