
Sept années de souffrance, de promesses oubliées et de conditions indignes. Voilà ce que dénoncent aujourd’hui les commerçants du marché Tilène de Ziguinchor, toujours bloqués à l’extérieur de leurs locaux flambant neufs, dont la reconstruction est pourtant achevée.
Tout avait commencé avec l’incendie tragique qui, il y a sept ans, avait ravagé une grande partie du marché, emportant avec lui les marchandises, les outils de travail et les espoirs de nombreux commerçants. En réponse à cette catastrophe, les autorités avaient promis une reconstruction rapide et financée par l’État.
Aujourd’hui, les infrastructures sont bel et bien prêtes : bâtiments érigés, étals installés, allées bien tracées… mais les portes du marché restent closes, sans explication officielle convaincante.
Privés d’accès à leurs boutiques, les commerçants sont réduits à vendre à même les trottoirs et aux abords du marché, exposés aux intempéries, à l’insécurité, et à la perte continue de revenus. Certains n’ont d’autre choix que de s’abriter sous des bâches ou de travailler à même le sol, dans une situation qui frise l’abandon.
« C’est inadmissible ! Le marché est prêt, mais on continue à nous faire attendre. On nous a promis, mais on ne voit rien venir. Pendant ce temps, nos familles souffrent », déplore un commerçant rencontré sur place, visiblement à bout.
Aujourd’hui, la colère gronde à Tilène. Les commerçants lancent un cri de détresse, exhortant les autorités locales et nationales à ouvrir immédiatement le marché. Pour eux, il ne s’agit plus simplement d’une infrastructure, mais d’un outil de survie économique, d’un droit à la dignité, d’un retour à la normalité trop longtemps retardé.
Ils appellent à une clarification des blocages administratifs et à une prise de responsabilité des décideurs publics, afin que ce marché, symbole de résilience, puisse enfin remplir sa mission : celle d’abriter l’activité commerciale et de relancer l’économie locale de Ziguinchor.
Par Komi ABLE


