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Hitou, la seule île animiste de Casamance sans mosquée ni église : une population oubliée

Par Oumy Thiare

Au cœur de la Casamance, entre les bras du fleuve et les mangroves, se trouve Hitou, une île singulière où l’animisme reste la seule spiritualité. Ici, pas de mosquée, pas d’église, mais des traditions préservées et des populations qui luttent quotidiennement pour leur survie. Pourtant, cette singularité culturelle ne masque pas une réalité alarmante : Hitou manque de tout.

Une île abandonnée, des besoins criants

Les habitants de Hitou vivent dans un dénuement extrême. Pas d’eau potable, pas d’électricité, pas de médicaments, pas d’ambulance… Les besoins essentiels sont ignorés, et la population souffre en silence.

Séraphin Diatta, président des jeunes de Hitou, alerte : “Notre priorité, c’est l’électrification rurale, car on en a vraiment besoin. L’eau potable aussi est une urgence : on passe toute une année sans une goutte aux robinets. L’accès à l’île est un autre problème. Le tourisme pourrait marcher, mais avec l’érosion, nous craignons pour l’avenir de Hitou.”

Les femmes en lutte pour survivre

Anne Marie Dieme, présidente des femmes de Hitou, explique leur combat : “Nous transformons des fruits et légumes, mais écouler nos produits est très difficile. Nous demandons aussi un mini-forage pour avoir de l’eau, essentielle pour nos activités.”

Un agent de santé en détresse

François Diatta, agent de santé communautaire depuis 2011, travaille dans des conditions inhumaines : “Je n’ai pas de salaire. Le village a cotisé une fois pour me payer, mais depuis 2012, je travaille gratuitement. Avant, il y avait des fonds pour les médicaments, mais maintenant, c’est fini. J’achète moi-même les médicaments avec mes maigres moyens.”

La case de santé et la maternité sont dans un état déplorable : “Deux lits seulement, pas d’ambulance, pas d’eau. Je fais 500 mètres pour aller en chercher. Pas de toilettes, pas de clôture, pas d’électricité. La nuit, je consulte à la lampe torche.”

Éducation et accès : un autre calvaire

Blaise Diatta, habitant de l’île, dénonce : “L’accès à Hitou est très difficile. Notre école manque de tout : seulement 4 salles de classe, pas de clôture, pas d’eau, et un manque cruel d’enseignants.”

Hitou attend des actions concrètes

Malgré leurs appels répétés, les habitants de Hitou attendent toujours une réponse des autorités. L’île, pourtant riche de sa culture unique, est laissée à l’abandon. Sans eau, sans électricité, sans soins, sans éducation digne, ses habitants survivent dans l’indifférence générale.

La Casamance mérite mieux. Hitou mérite mieux.

Il est temps d’agir.

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