
À quelques mois de l’élection présidentielle prévue pour décembre, le président de la transition, Mamadi Doumbouya, continue de redessiner en profondeur les fondements institutionnels du pays.
Le projet de nouvelle Constitution, dévoilé fin juin, introduit des réformes majeures qui suscitent autant de débats que d’inquiétudes.
Parmi les changements les plus notables figure l’allongement du mandat présidentiel : de cinq, il passerait désormais à sept ans, renouvelable une seule fois. Selon les autorités de la transition, cette réforme vise à garantir une meilleure stabilité institutionnelle.
Une justification que rejettent une partie de l’opposition et de la société civile, qui y voient une manœuvre politique destinée à renforcer le pouvoir exécutif.
Autre point sensible : les conditions d’éligibilité à la magistrature suprême.
Le projet constitutionnel maintient la disposition interdisant la double nationalité pour les candidats à la présidence, ce qui exclut de facto une partie de la diaspora guinéenne. Une mesure perçue par certains observateurs comme un recul par rapport à l’ouverture politique nécessaire à la refondation du pays.
Contrairement à certaines rumeurs, l’obligation pour le président de déclarer publiquement son patrimoine est maintenue. La future Constitution stipule que cette déclaration devra être publiée au Journal Officiel, aussi bien à la prise de fonction qu’à la fin du mandat, conformément aux exigences de transparence.
En revanche, le texte reste muet sur l’organisation de débats télévisés entre candidats, une pratique encore balbutiante en Guinée. L’absence de dispositions claires à ce sujet alimente les interrogations sur l’équité de la future campagne électorale.
Le projet de Constitution sera soumis à référendum le 21 septembre 2025, une étape cruciale dans le processus de transition que le colonel Doumbouya promet « inclusif et irréversible ». Mais dans un climat politique toujours fragile, ces réformes sont loin de faire consensus.
Par Komi ABLE



