
La capitale togolaise et plusieurs villes de l’intérieur ont été le théâtre de manifestations massives, ce jeudi, contre ce que des citoyens et organisations de la société civile dénoncent comme un « coup d’État constitutionnel ».
Les protestataires rejettent l’instauration récente d’un régime parlementaire permettant à Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, de se maintenir indéfiniment en tant que président du Conseil des ministres, sans passer par un scrutin direct.
Des rassemblements spontanés ont éclaté dès l’aube à Bè, Akodesséwa, Tokoin-Nyekonakpoè, Colombe de la Paix, Agoè et d’autres zones stratégiques. La diaspora togolaise et plusieurs mouvements citoyens ont soutenu ces actions, appelant à une mobilisation populaire pour défendre la démocratie.
La réponse des forces de l’ordre a été rapide et musclée : usage intensif de gaz lacrymogènes, interpellations, démantèlement de barricades, pneus incendiés et rues quadrillées par un important dispositif sécuritaire. Des témoins évoquent des scènes dignes d’un état de siège dans plusieurs quartiers.
L’opposition, qui dénonce une confiscation du pouvoir par des manœuvres législatives, appelle à la mobilisation pacifique continue, tandis que le gouvernement reste silencieux pour l’instant.
Cette journée du 26 juin restera gravée comme un épisode marquant de la contestation politique au Togo, dans un climat de crispation grandissante.
Par Komi ABLE


