
La question de la transparence dans la gestion des affaires publiques revient une fois encore sur le devant de la scène politique au Bénin. Cette semaine, plusieurs députés issus des rangs de l’opposition à l’Assemblée nationale ont officiellement exigé la publication des salaires du président Patrice Talon, de ses ministres ainsi que d’autres hauts fonctionnaires de l’État.
Selon ces élus, le flou persiste depuis l’accession au pouvoir de Patrice Talon en 2016. Aucun chiffre officiel sur la rémunération du chef de l’État et de son équipe gouvernementale n’a été rendu public depuis cette date, une situation que l’opposition qualifie de « violation de l’esprit de la bonne gouvernance ».
« Il est impensable qu’en presque une décennie de gestion, les Béninois ne sachent toujours pas combien gagnent leurs dirigeants. Dans une République, cela ne peut être un secret d’État », a déclaré le député Léon Bada, membre du groupe parlementaire Les Démocrates, lors d’une conférence de presse tenue à Cotonou.
Les députés de l’opposition entendent user de tous les moyens légaux à leur disposition pour obtenir ces informations. Une demande officielle a été transmise à la Présidence de la République et au ministère de l’Économie et des Finances, conformément aux dispositions de la loi sur l’accès à l’information publique.
Ce débat intervient dans un contexte de mécontentement social lié à la vie chère et à la perception d’un écart croissant entre les élites politiques et le citoyen ordinaire. Pour certains observateurs, cette initiative de l’opposition reflète une volonté d’instaurer davantage de transparence et de reddition de comptes au sommet de l’État.
Jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté de la Présidence ou du gouvernement.
L’affaire pourrait raviver les tensions entre majorité et opposition à l’Assemblée, où les débats sur les questions de gouvernance sont souvent houleux. L’opinion publique, quant à elle, semble largement favorable à une plus grande transparence dans la gestion des ressources publiques.
Par Komi ABLE


