
Le Ghana fait face à une campagne de recouvrement sans précédent dans le secteur de l’énergie. L’Electricity Company of Ghana (ECG) a entamé, depuis le début de la semaine, des coupures ciblées d’électricité dans plusieurs institutions publiques et privées fortement endettées, dont certaines jouent un rôle crucial dans la vie nationale.
Parmi les structures touchées figure l’usine de Weija, qui assure l’approvisionnement en eau de près de 80 % de la capitale Accra et ses environs, soit environ **trois millions de personnes. Selon les chiffres communiqués par l’ECG, **la Ghana Water Limited (GWL) cumule des arriérés dépassant les 97 millions de dollars. Un ultimatum de 48 heures lui a été lancé : en l’absence de règlement partiel ou d’un plan de paiement crédible, les coupures prolongées toucheront les principales stations de pompage du pays, menaçant directement l’accès à l’eau potable.
Autre cible notable : la Ghana Broadcasting Corporation (GBC), chaîne de télévision publique, dont la dette envers l’ECG s’élève à **305 000 dollars. Elle figure parmi les nombreuses entités sommées de régulariser leur situation sous peine de voir leurs activités lourdement perturbées.
L’ECG justifie cette opération musclée de recouvrement par la nécessité de réduire ses pertes financières chroniques et de redresser ses comptes, gravement affectés par le non-paiement persistant de plusieurs entités. Dans un communiqué, la compagnie indique qu’elle poursuivra ses actions jusqu’à ce que des engagements fermes soient pris par les débiteurs. « Nous ne pouvons plus tolérer que les dettes impayées compromettent la stabilité financière de notre entreprise et la qualité de service offerte aux citoyens payant régulièrement leurs factures », a déclaré un porte-parole de l’ECG.
Cette campagne de recouvrement, bien que légitime aux yeux de certains, fait planer le risque d’une crise sociale si l’approvisionnement en eau ou en services essentiels venait à être durablement interrompu. Des voix s’élèvent déjà pour appeler à des négociations urgentes entre les parties concernées afin de trouver un compromis entre le droit de l’ECG à recouvrer ses créances et la nécessité de garantir des services publics de base à la population.
Le gouvernement, pour l’heure, n’a pas encore réagi officiellement à cette opération, mais la pression monte pour une intervention rapide afin d’éviter une escalade.
Par Komi ABLE


