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Côte d’Ivoire : Enjeux constitutionnels et géopolitiques autour de la fin du mandat du président Alassane Ouattara

Selon la Constitution ivoirienne, le mandat présidentiel en cours d’Alassane Dramane Ouattara doit prendre fin officiellement le 25 octobre 2025 à minuit. Cette échéance est au cœur de nombreux débats dans l’espace public, les milieux politiques et au sein de la société civile.

Alors que les échéances électorales se rapprochent, l’opinion nationale et internationale reste attentive à la manière dont la transition politique sera gérée dans un climat encore marqué par les tensions post-électorales de la décennie précédente.

La Constitution ivoirienne actuelle prévoit un mandat de cinq ans, renouvelable une fois, ce qui place naturellement le cap sur une alternance démocratique en 2025, sauf révision constitutionnelle ou justification juridique exceptionnelle.

Toute tentative de prolongation ou de maintien au pouvoir en dehors du cadre constitutionnel serait juridiquement contestable et risquerait de raviver les tensions dans un pays encore marqué par les crises de 2002 et 2010-2011.

Adoptée en mars 2011 par le Conseil de sécurité de l’ONU, la résolution 1975 a été prise dans un contexte de crise post-électorale aiguë, à la suite du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara à la présidentielle de 2010. Elle autorisait notamment les forces onusiennes et françaises à protéger les civils, neutraliser les armes lourdes utilisées contre la population, et soutenir l’ordre constitutionnel.

Cependant, cette résolution était contextuelle, c’est-à-dire non généralisable à d’autres situations sans une nouvelle décision du Conseil de sécurité. Elle ne constitue donc pas une « jurisprudence » automatique, comme dans les systèmes judiciaires. Toute nouvelle intervention internationale nécessiterait un mandat actualisé, fondé sur une évaluation précise de la menace contre la paix et la sécurité.

Dans le contexte actuel, les acteurs africains comme la CEDEAO, l’Union africaine, ou plus récemment les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), revendiquent une plus grande autonomie stratégique. Toutefois, leur capacité à agir en Côte d’Ivoire dépendrait d’un cadre légal clair, d’un appel officiel d’un gouvernement reconnu ou d’un mandat onusien.

Quant aux puissances étrangères comme a France, la Russie ou d’autres coalitions, toute action militaire sans légitimation internationale serait perçue comme une ingérence, contraire au principe de non-intervention dans les affaires intérieures d’un État souverain.

La stabilité de la Côte d’Ivoire repose avant tout sur la volonté des acteurs politiques nationaux à respecter l’ordre constitutionnel, organiser des élections libres et transparentes, et préserver l’unité nationale. L’implication de la société civile, des leaders religieux et des partenaires internationaux dans une démarche préventive et non-violente est essentielle.

Par Komi ABLE

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