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Bénin : Le retrait des mendiants de Cotonou suscite malaise et controverses

L’opération d’évacuation des mendiants lancée récemment par les autorités municipales de Cotonou suscite un vif débat au sein de la population et des organisations de défense des droits humains. Si l’initiative vise à assainir les espaces publics et à offrir une prise en charge sociale aux personnes en situation de mendicité, plusieurs dysfonctionnements ont été relevés dans la mise en œuvre du processus.

Selon des sources concordantes, des cas de regroupement forcé, sans concertation ni accompagnement psychosocial adéquat, ont été observés dans certains quartiers de la capitale économique. Des témoignages font état de personnes vulnérables déplacées sans préavis, parfois en pleine nuit, et installées dans des centres d’accueil surpeuplés, manquant de ressources matérielles et humaines pour assurer leur prise en charge effective.

Les autorités municipales affirment que l’opération s’inscrit dans une logique de réinsertion sociale et de lutte contre la mendicité organisée, souvent exploitée par des réseaux. Toutefois, des zones d’ombre subsistent quant à la stratégie globale, notamment sur la durée de la prise en charge, les programmes de réinsertion envisagés, et le sort réservé aux personnes refusant de quitter la rue.

Pour Marie-Diane Zinsou, sociologue spécialiste des questions sociales, « une telle opération ne peut réussir sans une approche humaine, participative et durable. Il ne suffit pas de déplacer les mendiants. Il faut les écouter, comprendre leurs besoins, et construire des alternatives crédibles à la rue. »

Plusieurs ONG locales et observateurs internationaux appellent le gouvernement béninois et la mairie de Cotonou à plus de transparence et à une meilleure coordination interinstitutionnelle. Des propositions de concertation avec les associations communautaires, les leaders religieux et les services sociaux sont sur la table pour améliorer le processus.

En attendant, les interrogations persistent, notamment sur le respect des droits humains, la condition des enfants et des personnes handicapées concernées, et sur la capacité des structures d’accueil à répondre aux besoins croissants.

Par Komi ABLE

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