
Le Conseil des ministres malien a adopté ce mercredi un projet de loi controversé qui accorderait cinq années supplémentaires au chef de la junte militaire, le colonel Assimi Goïta, pour rester à la tête du pays. Cette décision, qui doit encore être validée par les organes législatifs de transition, suscite déjà de vives réactions à l’intérieur comme à l’extérieur du Mali.
Selon le communiqué officiel, cette prolongation vise à « garantir la continuité de la refondation de l’État et de la sécurité nationale », dans un contexte marqué par des défis persistants, notamment sur les plans sécuritaire, économique et institutionnel.
Mais pour de nombreux observateurs, cette initiative enterre de facto tout retour rapide à un ordre constitutionnel normal. Elle prolonge une transition militaire amorcée depuis le coup d’État d’août 2020, qui avait été suivie d’un second putsch en mai 2021, consolidant le pouvoir d’Assimi Goïta.
Des voix critiques issues de la société civile et de partis politiques dénoncent une manœuvre de confiscation du pouvoir. À l’international, plusieurs chancelleries s’inquiètent d’un affaiblissement durable de la démocratie malienne et de la rupture prolongée avec les engagements pris devant la CEDEAO et l’Union africaine.
Le projet de loi n’a pas encore été publié dans son intégralité. Il devra, selon la procédure, être débattu par le Conseil national de transition (CNT), instance législative mise en place par la junte.
Par Komi ABLE



