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Casamance : L’urgence des usines face à l’hémorragie des mangues

Scène à Djiragnone, en plein cœur de la Casamance : des milliers de mangues, dorées, parfumées, cadeaux généreux des vergers, jonchent le sol. Non pas récoltées pour être savourées, mais abandonnées à un destin tragique : la pourriture. Ce spectacle, répété année après année dans toute la région, est le symptôme criant d’un immense gâchis et d’une opportunité perdue.

Le constat est amer et inacceptable : faute d’usines de transformation locales, une grande partie de la production exceptionnelle de mangues de Casamance est purement et simplement perdue. Les arbres croulent sous les fruits, mais les circuits pour les valoriser durablement manquent cruellement. Ce n’est pas seulement un fruit qui pourrit, c’est de l’argent qui se volatilise, du travail qui ne voit pas le jour, du développement qui étouffe.

Pourtant, la solution est là, évidente, et elle a un visage humain : la main-d’œuvre. Elle est déjà là. Des milliers de jeunes, dynamiques et en quête d’emploi, sont prêts à s’investir. Des femmes, pilier économique des communautés, sont prêtes à apporter leur savoir-faire et leur détermination. La ressource humaine, ce potentiel immense, attend seulement les structures pour s’épanouir et produire.

L’appel est donc clair et urgent : Il nous faut des usines de transformation. Pas une seule, mais un réseau couvrant toute la Casamance entière. Des unités modernes, adaptées aux réalités locales, capables de transformer cette manne fruitière en purées, en jus, en fruits séchés, en confitures, en concentrés – en produits à haute valeur ajoutée pour le marché local, national et international.

Djiragnone, comme tant d’autres villages, est un témoin de ce potentiel gaspillé. Mais Djiragnone, comme toute la Casamance, peut et doit devenir le symbole d’une renaissance économique fondée sur ses propres richesses. Investir dans ces usines, c’est :

  1. Stopper l’hémorragie du gaspillage scandaleux.
  2. Créer des centaines, voire des milliers d’emplois stables et valorisants pour les jeunes et les femmes.
  3. Dynamiser toute l’économie rurale, des producteurs aux transporteurs.
  4. Valoriser l’image et l’autonomie de la Casamance.
  5. Offrir des débouchés durables à une ressource naturelle abondante.

Le temps n’est plus aux constats désolés, mais à l’action concrète. La Casamance a les fruits, la Casamance a la main-d’œuvre. Il manque le maillon essentiel : l’outil industriel. Construisons ces usines, partout où la mangue mûrit, pour que plus jamais un seul fruit ne soit condamné à pourrir inutilement. L’avenir de la Casamance, sa jeunesse et ses femmes, l’exigent.

Par Oumy Thiare

1 Commentaire

  • GOUDIABY Babacar

    C’est comme si que les autorités de ce pays font la sourde oreille sur les débouchés que tous ces fruits peuvent donner aux populations locales. À chaque fois, la même chanson, les régimes se succèdent, les discours continuent de pleuvoir mais les initiatives manquent et les souffrance des casamançais s’intensifient. À mon avis nous les casamançais avons trop attendu l’état, il est alors grand temps qu’on se réveille, constituons de petits groupes pour auto-entreprendre. C’est le cas de la diaspora Casamançaise, la plupart des étudiants qui ont entrain de mettre en place une unité du nom de CASAFRUITS pour créer une chaîne de valeur dans la transformation de nos fruits et celà peut créer des centaines d’emplois hommes comme femmes. Pour le moment, cette initiative a su mettre sur pieds un capital de 300 Millions en vendant des actions à 1million et ils veulent rallonger le capital à 500Millions pour pouvoir bénéficier d’une garantie bancaire solide pour se lancer dans ce business. Merci OUMY pour cet article qui doit nous encourager à ne rien attendre de l’état pour se développer.

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