
Par Oumy Thiare
Ils ont osé.
Ils ont transformé la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide en comptoir de crédit pour acheter… des moutons. Pas pour créer une ferme, pas pour monter une filière d’élevage. Non. Juste pour que chacun ait son mouton de Tabaski, à crédit, comme on achète une télé en trois fois sans frais.
Ce n’est plus de la mauvaise gestion. C’est du sabotage économique.
Sous la direction de Madame Aïda Mbodj — parachutée là on ne sait trop comment, sinon par recyclage politique désespéré — la DER/FJ s’écarte de sa mission première pour sombrer dans la distribution de miettes populistes. L’entrepreneuriat devient un mot creux, vidé de sa substance, utilisé comme cache-misère pour masquer une absence totale de vision.
Le mouton, nouvelle stratégie nationale ?
Crédit mouton. Voilà l’idée brillante sortie des cerveaux censés impulser l’économie des jeunes. Une initiative grotesque, indigne, honteuse même. Car pendant qu’on accorde des prêts pour des dépenses éphémères, des milliers de jeunes entrepreneurs se battent sans accès au financement, sans accompagnement, sans écoute.
Le mouton devient alors le symbole d’une politique molle, clientéliste, sans ambition. La DER/FJ n’est plus un outil de transformation, c’est devenu une boutique de gadgets électoraux.
Aïda Mbodj : un poste pour services rendus, pas pour résultats attendus
Soyons clairs : la nomination d’Aïda Mbodj à la tête de la DER est un non-sens. Pire, c’est une insulte à toute une génération qui attendait qu’enfin on prenne l’entrepreneuriat au sérieux.
Il fallait recaser quelqu’un ? On a rouvert un tiroir, soufflé un peu sur la naphtaline, et ressorti une figure du passé. Une survivante politique qu’on place là pour “faire plaisir”, pendant que des milliers de jeunes crèvent la dalle, attendent un prêt, un mentor, une formation.
On ne bâtit pas un pays avec des has-beens. On ne pilote pas une vision économique avec des figures d’un autre siècle. On ne développe pas l’entrepreneuriat en encourageant l’endettement pour un festin d’un jour.
Assez joué. Place aux bâtisseurs.
La DER n’est plus crédible. Son mandat est trahi. Sa direction est à côté de la plaque. Et si cette histoire de “crédit pour mouton” est leur chef-d’œuvre, alors ils n’ont rien compris — et n’ont rien à faire là.
Il est temps de tourner la page. De reprendre en main notre avenir entrepreneurial. De construire une politique ambitieuse, audacieuse, centrée sur la création de valeur réelle. Une politique qui mise sur l’intelligence, la résilience, et l’innovation.
Parce que si demain, l’État commence à financer aussi les marmites, les poulets, les habits de fête… alors il ne restera plus rien de l’idée même de développement.
Il nous faut des politiques économiques. Pas des foires aux crédits. Pas des distributeurs de moutons.
Et surtout : il nous faut du courage, pas de la charité.



1 Commentaire
J’ai besoin d’un prêt de mouton