
Il y a des faits qui défient la logique, les lois militaires, et même le simple bon sens. Dix jours avant l’attaque sanglante d’Eknewen, un message comminatoire a été adressé aux autorités nigériennes par nul autre que l’État Islamique au Grand Sahara (EIGS). Le groupe djihadiste, avec une audace inouïe, a directement prévenu la hiérarchie militaire d’un assaut imminent si la base militaire ciblée n’était pas évacuée.
Cet avertissement n’était ni une rumeur ni une manœuvre d’intimidation sans lendemain. Il s’agissait d’un ultimatum, lancé par un ennemi convaincu de la vulnérabilité de son adversaire, au point d’en afficher une arrogance assumée.
Pourtant, face à une menace aussi claire, la junte militaire nigérienne est restée étonnamment passive. Aucun renfort ne fut dépêché, aucune opération de dissuasion entreprise, aucune frappe préventive menée, malgré les capacités technologiques en matière de drones. L’armée, pourtant informée, n’a pris aucune mesure concrète pour sécuriser la base ni pour anticiper l’attaque annoncée.
Résultat : les djihadistes ont frappé, librement et brutalement, infligeant un nouveau revers stratégique à une armée dépassée et une junte décriée pour son immobilisme. Plus qu’un simple acte de guerre, l’assaut d’Eknewen constitue une humiliation nationale, révélatrice d’un grave déficit d’anticipation et de commandement.
La question demeure : comment un tel laxisme a-t-il pu être possible face à une menace aussi explicite ? Le silence et l’inaction de l’État laissent place au doute, nourrissent la peur, et ébranlent la confiance dans les institutions censées protéger la nation.
Par Komi ABLE


