
Dans une décision historique, le Sénat de la République démocratique du Congo a voté ce jeudi en faveur de la levée de l’immunité parlementaire de l’ancien président Joseph Kabila, ouvrant ainsi la voie à d’éventuelles poursuites judiciaires à son encontre. Cette décision marque un tournant politique majeur dans le pays, près de six ans après la fin de son mandat présidentiel.
Réunis en session extraordinaire, 78 sénateurs sur 109 ont voté pour la levée de l’immunité de M. Kabila, qui siège actuellement au Sénat en tant que sénateur à vie, un statut réservé aux anciens chefs d’État. Selon les sources parlementaires, cette mesure fait suite à des investigations préliminaires menées par le parquet général, qui évoque de possibles infractions économiques et des détournements de fonds publics pendant ses années au pouvoir (2001–2019).
La levée de l’immunité de l’ancien président a suscité des réactions contrastées. Les partis de l’opposition et plusieurs organisations de la société civile saluent une victoire de l’État de droit. “C’est une avancée démocratique importante. Nul ne doit être au-dessus de la loi”, a déclaré Me Justine Nguema, porte-parole de l’ONG Justice pour Tous.
En revanche, le Front Commun pour le Congo (FCC), coalition politique fondée par Kabila, dénonce une manœuvre politique. Dans un communiqué, le FCC parle de “chasse aux sorcières orchestrée par le pouvoir en place pour neutraliser un adversaire politique majeur”.
Et après ?
Avec cette levée d’immunité, Joseph Kabila pourrait être convoqué par la justice dans les prochaines semaines. Les chefs d’accusation précis n’ont pas encore été rendus publics, mais des sources proches du dossier évoquent notamment des contrats miniers controversés et des dépenses militaires suspectes.
Alors que le pays se prépare pour les élections provinciales et sénatoriales de 2026, cette affaire pourrait profondément rebattre les cartes sur la scène politique congolaise.
Affaire à suivre.
Par Komi ABLE


