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Polémique après la nomination de Macky Sall au sein de la Fondation Mo Ibrahim

L’annonce de l’intégration de l’ancien président sénégalais Macky Sall au sein du Conseil et du Comité du Prix Ibrahim pour le leadership d’excellence en Afrique continue de faire des vagues. La nouvelle, rendue publique le 8 avril dernier par la Fondation Mo Ibrahim, a immédiatement suscité des réactions contrastées, notamment dans les milieux universitaires et intellectuels sénégalais.

Dans un communiqué officiel, le fondateur de l’organisation, Mo Ibrahim, a salué cette nouvelle composition en ces termes : « Nous sommes ravis d’accueillir Josep Borrell, Moussa Faki Mahamat, Mark Malloch-Brown et Macky Sall au sein de la Fondation. Chacun d’entre eux apporte une expérience exceptionnelle. Je me réjouis de pouvoir collaborer étroitement avec eux pour relever certains des défis les plus urgents auxquels l’Afrique et le monde sont confrontés aujourd’hui. »

Si cette décision est perçue par certains comme une reconnaissance du rôle de Macky Sall sur la scène africaine et internationale, elle provoque en revanche une levée de boucliers chez plusieurs universitaires et membres de la société civile. Ces derniers pointent du doigt des épisodes controversés de sa gouvernance, notamment en matière de libertés publiques, de justice et de répression politique durant ses deux mandats à la tête du Sénégal.

« Le Prix Ibrahim est censé incarner l’exemplarité en matière de leadership. Intégrer un ancien chef d’État dont le bilan est encore vivement débattu risque de décrédibiliser la philosophie même du prix », déclare un politologue de l’Université Cheikh Anta Diop, préférant garder l’anonymat.

Pour la Fondation Mo Ibrahim, ce choix s’inscrit cependant dans une volonté d’inclusivité et de représentation équilibrée au sein de ses organes décisionnels, dans un contexte africain en constante mutation.

La polémique pourrait bien relancer le débat sur les critères de sélection du prestigieux prix et la place accordée aux anciens chefs d’État dans les sphères d’influence post-présidentielles.

Par Komi ABLE

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