
Dans une décision qui marque un tournant dans les relations franco-sénégalaises, le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement demandé le retrait des troupes françaises du Sénégal. Cette annonce s’inscrit dans un nouveau positionnement souverainiste, en cohérence avec la vision du Pastef, le parti au pouvoir, et fait écho à des dynamiques similaires en Afrique, notamment au Tchad, qui a récemment formulé la même demande à la France.
L’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye, soutenu par son Premier ministre Ousmane Sonko, a été marquée par un discours affirmé en faveur de la souveraineté nationale. Depuis son investiture, le chef de l’État insiste sur la nécessité pour le Sénégal de reprendre le contrôle total de sa politique de défense et de sécurité, un sujet sensible alors que la présence militaire française en Afrique est de plus en plus contestée.
Le Sénégal abrite actuellement environ 350 soldats français, principalement déployés dans le cadre de la coopération militaire et de la lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel. Toutefois, de nombreux Sénégalais perçoivent cette présence comme un vestige du passé colonial et une atteinte à l’indépendance totale du pays.
La requête sénégalaise coïncide avec celle du Tchad, un allié de longue date de la France en Afrique, où le président Mahamat Idriss Déby a récemment demandé une réduction des effectifs militaires français stationnés à N’Djamena. Ce double mouvement traduit une remise en cause plus large de l’influence française en Afrique de l’Ouest et centrale, à l’image des retraits successifs de la France du Mali, du Burkina Faso et du Niger ces dernières années.
Le gouvernement français n’a pas encore réagi officiellement à cette demande sénégalaise, mais cette nouvelle pression diplomatique pourrait accélérer le redéploiement stratégique de l’armée française. Le départ des troupes françaises, si confirmé, pourrait avoir plusieurs implications majeures :Renforcement des forces armées sénégalaises : Dakar devra compenser cette absence par une montée en puissance de son propre dispositif militaire et sécuritaire.
Diversification des partenariats stratégiques : Le Sénégal pourrait se tourner vers d’autres partenaires, comme la Turquie, la Russie ou la Chine, qui ont déjà renforcé leur présence en Afrique ces dernières années.Impact sur la lutte contre le terrorisme : Certains analystes craignent que cette décision affaiblisse la coopération sécuritaire dans la région, alors que le Sahel et le golfe de Guinée font face à une menace djihadiste grandissante.
Cette décision audacieuse du président Bassirou Diomaye Faye marque un premier test diplomatique majeur de son mandat. Elle s’inscrit dans un courant panafricaniste qui gagne du terrain sur le continent, prônant une rupture avec les anciennes puissances coloniales et une affirmation d’une souveraineté totale.
Toutefois, la gestion de cette transition devra être habile pour éviter des tensions inutiles avec Paris, qui reste un partenaire économique et diplomatique clé du Sénégal. Les prochains jours seront déterminants pour voir comment la France réagit à cette demande et quelle stratégie Dakar adoptera pour assurer une transition sécuritaire fluide.
Par Komi ABLE



1 Commentaire
Le départ des troupes françaises est un impératif catégorique. L’indépendance, la vraie, ne peut s’accommoder d’une présence qui sonne comme une mise en tutelle, en même temps qu’une volonté d’intimidation des dirigeants africains. La France doit tourner définitivement la page du colonialisme et essayer de compter désormais sur elle