
Quatre ans après l’apparition d’une mystérieuse maladie de peau qui a touché plus d’un millier de pêcheurs sénégalais en 2020 et 2021, les chercheurs ont enfin identifié la cause de cette épidémie : une microalgue toxique du nom de Vulcanodinium rugosum.
En novembre 2020, des pêcheurs sénégalais revenant de leurs activités en mer ont présenté des symptômes inquiétants : des éruptions cutanées sévères, des démangeaisons, des lésions suintantes et, dans certains cas, des douleurs articulaires et de la fièvre. L’origine de cette maladie restait inconnue, suscitant des craintes parmi les communautés côtières.
Initialement, plusieurs hypothèses avaient été avancées, notamment une pollution chimique due à des rejets industriels ou encore une infection bactérienne. Mais aucune de ces pistes n’avait pu être confirmée avec certitude.
Des recherches approfondies menées par un consortium international de scientifiques ont finalement révélé que la maladie avait été causée par une toxine produite par la microalgue Vulcanodinium rugosum.
Cette algue produit une substance appelée portimine A, capable d’entraîner une forte réaction inflammatoire de la peau humaine au contact de l’eau contaminée.« Nous avons identifié cette microalgue après des analyses poussées des échantillons d’eau prélevés dans les zones où opéraient les pêcheurs touchés », explique le Dr Abdoulaye Ndiaye, chercheur en biologie marine à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Malgré cette avancée scientifique, plusieurs questions restent en suspens. Pourquoi cette microalgue a-t-elle proliféré de manière soudaine dans les eaux sénégalaises ?
Les chercheurs soupçonnent des facteurs environnementaux, tels que le changement climatique et la pollution, qui pourraient avoir favorisé son développement.D’autres études sont en cours pour déterminer si la situation pourrait se reproduire et comment protéger efficacement les populations côtières.
En attendant, les autorités sanitaires sénégalaises appellent à une vigilance accrue et recommandent aux pêcheurs d’éviter certaines zones en cas de nouvelles alertes.La pêche artisanale est une activité vitale pour des milliers de familles sénégalaises.
Une nouvelle crise sanitaire liée à une prolifération toxique mettrait en péril non seulement la santé des travailleurs de la mer, mais aussi l’économie locale, fortement dépendante de ce secteur.
Face à cette menace, le gouvernement sénégalais envisage de mettre en place un système de surveillance des eaux côtières, afin de détecter précocement toute présence anormale de cette microalgue et éviter une nouvelle catastrophe sanitaire.
Par Komi ABLE


