
Un don de l’Union européenne (UE) au Bénin, sous la forme d’un avion de surveillance destiné à la lutte contre le terrorisme, a suscité une vive polémique dans le pays. De nombreux Béninois, y compris des figures de l’opposition et de la société civile, dénoncent une ingérence étrangère et expriment leurs craintes quant à l’utilisation réelle de cet appareil.
L’appareil, remis officiellement au gouvernement béninois, a pour objectif de renforcer la surveillance aérienne dans le nord du pays, une région en proie à des attaques djihadistes récurrentes ces dernières années. Les autorités assurent que cet outil aidera les forces de défense et de sécurité à mieux anticiper et neutraliser les menaces terroristes.
Toutefois, au sein de l’opinion publique, cette annonce a rapidement provoqué des critiques. Certains estiment que ce don traduit une trop grande dépendance du Bénin vis-à-vis des puissances étrangères, notamment européennes, et s’inquiètent d’une éventuelle utilisation du dispositif à des fins de surveillance interne.
Les opposants à ce don dénoncent un manque de transparence dans l’accord passé avec l’Union européenne. Ils se demandent notamment si l’UE aura un droit de regard sur l’usage de l’appareil ou si des agents européens seront impliqués dans les opérations de surveillance.
Pour certains activistes et figures politiques, cette situation illustre une perte de souveraineté et le risque d’une instrumentalisation du dispositif à des fins politiques. Des critiques ont également émergé sur le silence du gouvernement quant aux conditions exactes de cette donation et aux éventuelles contreparties exigées par Bruxelles.
Face à la montée des contestations, le gouvernement béninois a réagi en assurant que l’avion sera exclusivement utilisé à des fins sécuritaires et que son déploiement dans le nord du pays vise à protéger les populations civiles des attaques terroristes.Un haut responsable de la défense a affirmé que le Bénin reste maître de ses choix stratégiques et que cette aide extérieure ne remet pas en cause l’autonomie des forces armées nationales.
Le Bénin, autrefois épargné par la menace terroriste, fait face depuis quelques années à une multiplication des incursions djihadistes, notamment dans les régions frontalières avec le Burkina Faso et le Niger. Le gouvernement a intensifié ses efforts pour sécuriser la zone, mais la population reste divisée sur les moyens à adopter pour y parvenir.
Cette polémique intervient alors que plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest repensent leur coopération sécuritaire avec les puissances étrangères, notamment après le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO et leur rapprochement avec d’autres partenaires comme la Russie.
L’affaire de l’avion de surveillance met donc en lumière un débat plus large sur la souveraineté du Bénin et la gestion des alliances internationales dans un contexte de plus en plus instable en Afrique de l’Ouest.
Par Komi ABLE


