
À l’approche du 8 mars, le monde s’apprête à célébrer la Journée Internationale des Droits de la Femme, une date emblématique dédiée à la lutte pour l’égalité et la reconnaissance du rôle des femmes dans la société. Instituée par les Nations Unies en 1977, cette journée puise ses racines dans les mouvements ouvriers du XIXᵉ et du XXᵉ siècle aux États-Unis et en Europe. En Afrique, elle est particulièrement mise en avant, mais les défis restent immenses.
Chaque année, à travers le continent, des organisations de défense des droits des femmes, des gouvernements et des associations multiplient les initiatives : conférences, débats, formations, remises de prix, et campagnes de sensibilisation. L’objectif : améliorer la condition féminine et accélérer la marche vers l’égalité des sexes.
Cependant, l’impact réel de ces actions est souvent remis en question. Malgré les discours et les engagements, les réalités quotidiennes des femmes africaines restent marquées par des inégalités profondes :
Accès limité à l’éducation et à l’emploi : Selon l’UNESCO, près de 30 millions de filles en Afrique subsaharienne ne sont pas scolarisées.
Inégalités économiques et précarité : Les femmes occupent majoritairement des emplois informels, souvent sous-payés et non protégés.
Violences basées sur le genre : Mariages précoces, mutilations génitales, harcèlement et violences domestiques persistent malgré les législations mises en place.
Sous-représentation politique : Peu de femmes occupent des postes de décision dans les gouvernements et institutions africaines.
En Afrique, la Journée de la Femme est souvent associée à des célébrations festives, avec des parades, des tenues traditionnelles et des cérémonies officielles. Mais au-delà du folklore, de nombreuses militantes dénoncent un manque d’actions concrètes et un fossé entre les discours et les réalités vécues.
“Le 8 mars ne devrait pas être une simple fête, mais un moment de bilan et de remise en question”, insiste une activiste burkinabé. Pour beaucoup, les gouvernements et les acteurs de la société civile doivent aller au-delà des symboles et renforcer les politiques publiques en faveur des femmes.
Pour que le 8 mars ne soit pas qu’une parenthèse, plusieurs pistes sont avancées :
Renforcer l’application des lois sur les droits des femmes et les violences basées sur le genre.
Investir dans l’éducation des filles, clé de leur autonomisation.
Encourager l’entrepreneuriat féminin et l’accès aux financements.Impliquer davantage les hommes dans la lutte pour l’égalité des sexes.
Le 8 mars en Afrique doit être plus qu’un jour de commémoration, il doit être un levier pour des changements concrets. Les femmes africaines n’attendent pas des discours, mais des actions fortes qui transformeront durablement leurs conditions de vie.
Par Komi ABLE


