
L’arrestation du député Farba Ngom, proche de l’ex-président Macky Sall, marque un tournant décisif dans la lutte contre la corruption au Sénégal. Placé en détention provisoire pour blanchiment d’argent et escroquerie, cet homme influent du régime précédent pourrait n’être que le premier d’une longue série.
L’incarcération de Farba Ngom a immédiatement provoqué des réactions en chaîne. Son parti, l’Alliance pour la République (APR), a dénoncé une “chasse aux sorcières” et accuse le gouvernement actuel d’instrumentaliser la justice à des fins politiques.
Dans un communiqué, l’APR rappelle que cette arrestation fait suite à des déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait menacé de s’attaquer aux figures emblématiques de l’ancien régime. “Nous sommes face à une dérive autoritaire inquiétante”, s’indigne un cadre du parti.
Mais le dossier ne s’arrête pas à Farba Ngom. Le porte-parole du gouvernement, Moustapha Ndieck Sarré, a annoncé que des poursuites judiciaires pourraient être engagées contre Macky Sall lui-même. Selon les autorités, un rapport de la Cour des comptes met en lumière de graves irrégularités financières sous son mandat.
“Macky Sall a falsifié les chiffres des finances publiques et engagé des dépenses non justifiées”, a déclaré Moustapha Ndieck Sarré lors d’un point de presse. “Il devra répondre de ses actes devant la justice.
“Si les accusations sont confirmées, l’ancien président pourrait être jugé par la Haute Cour de justice, une instance récemment mise en place pour traiter les dossiers de haute trahison impliquant des hauts responsables.
Face à ces menaces judiciaires, Macky Sall a réagi avec fermeté, rejetant toutes les accusations. “Je n’ai peur de rien”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. “Je mets au défi quiconque de prouver ces accusations. La vérité finira par éclater.
“Ses partisans dénoncent une “opération de règlement de comptes”, orchestrée par le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Certains analystes estiment que cette offensive judiciaire vise à affaiblir définitivement le camp de l’ancien président à l’approche des prochaines élections législatives.
L’affaire Farba Ngom et les menaces de poursuites contre Macky Sall surviennent dans un contexte politique tendu, marqué par une volonté affichée du nouveau régime de lutter contre la corruption et d’assainir les finances publiques.
Mais ces actions judiciaires soulèvent aussi des interrogations sur leur impartialité et leur motivation politique.Alors que le Sénégal entre dans une nouvelle ère politique, la question demeure : jusqu’où ira la justice dans cette opération mains propres ?
Par Komi ABLE


