
Le procès en appel de l’un des plus grands scandales de trafic de drogue en Côte d’Ivoire s’est poursuivi ce 24 février. Cette affaire, qui remonte à avril 2022, avait mis en lumière un vaste réseau de trafic de cocaïne entre l’Amérique du Sud et l’Europe, transitant par la ville portuaire de San Pedro.
Plus de deux tonnes de cocaïne avaient été saisies lors d’opérations menées par les forces de l’ordre. L’enquête avait rapidement mis en cause plusieurs hauts responsables, dont Guy Serge Lella Kouassi, ex-commandant de la base navale de San Pedro. Condamné en première instance à 10 ans de prison, il comparaissait ce lundi pour la suite de son procès en appel.
Autre figure clé de ce dossier, Karamoko Dosso, ancien commissaire de la police criminelle de San Pedro. Il est accusé d’avoir facilité le transport de la drogue en assurant une escorte au narcotrafiquant José Devesa, un baron espagnol de la cocaïne, entre San Pedro et Abidjan. Dosso a nié en bloc toute implication, affirmant qu’il n’a jamais fourni de protection au convoi de drogue.
L’audience a été marquée par de nouveaux témoignages accablants. Des enregistrements téléphoniques et des documents bancaires montreraient des liens entre certains accusés et des membres du réseau de trafiquants.
Les avocats de la défense dénoncent un dossier monté à charge, tandis que les procureurs insistent sur la gravité des faits et réclament un durcissement des peines.Cette affaire met en lumière l’ampleur du trafic de drogue en Afrique de l’Ouest, région devenue une plaque tournante pour les cartels sud-américains.
Les autorités ivoiriennes, qui ont renforcé leur lutte contre la criminalité organisée, souhaitent faire de ce procès un exemple pour dissuader toute complicité au sein des forces de sécurité.Le verdict en appel est attendu dans les prochaines semaines. En attendant, la tension reste vive autour de cette affaire qui continue d’ébranler la Côte d’Ivoire.
Par Komi ABLE


