
L’ancien président gambien Yahya Jammeh, exilé en Guinée équatoriale depuis 2017, continue d’exercer son influence sur la politique de son pays. Dans un message audio diffusé ce mardi et consulté par l’AFP, il a annoncé l’exclusion du député Bakary K. Badjie de l’Alliance pour la réorientation et la construction patriotiques (APRC), son parti politique.
Cette décision survient après que M. Badjie, 40 ans, a officiellement déclaré, le 18 février, son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2026.
Dans son message, Yahya Jammeh a affirmé que l’exclusion de Bakary Badjie prenait effet immédiatement à partir du 24 février. Il a insisté sur le fait que cette mesure était “non négociable” et a exhorté les membres de l’APRC à se concentrer sur l’unité du parti.
“Nous devons recruter des citoyens patriotes, non des tribalistes”, a-t-il déclaré, laissant entendre que certaines ambitions personnelles pourraient nuire à la cohésion de son mouvement.
Cette déclaration s’inscrit dans un contexte où M. Jammeh a récemment réaffirmé sa volonté de reprendre la tête de son parti et de “revenir” sur la scène politique gambienne, bien qu’il n’ait pas précisé comment il comptait y parvenir.Yahya Jammeh, qui a dirigé la Gambie d’une main de fer de 1994 à 2017, a été contraint à l’exil après avoir perdu l’élection présidentielle face à Adama Barrow.
Son refus initial de céder le pouvoir avait provoqué une crise politique, résolue par une intervention militaire des États ouest-africains.Depuis son départ, il continue de jouer un rôle dans la vie politique gambienne, notamment en influençant l’orientation de l’APRC.
Malgré les accusations de violations des droits humains qui pèsent sur lui, il conserve une base de partisans fidèles qui espèrent son retour.Bakary K. Badjie appartient à un groupe dissident de l’APRC qui cherche à s’émanciper de l’autorité de Jammeh.
Son annonce de candidature à la présidentielle de 2026 constitue un défi direct à l’ancien président, qui tente de maintenir un contrôle strict sur son parti.L’exclusion de M. Badjie pourrait accentuer les divisions au sein de l’APRC et redistribuer les cartes dans la course à la présidence.
Reste à savoir si d’autres figures du parti suivront son exemple ou si Yahya Jammeh parviendra à préserver son influence sur la scène politique gambienne.Affaire à suivre…
Par Komi ABLE


