
Face à la montée des tensions frontalières entre la République démocratique du Congo (RDC), le Rwanda et le Burundi, l’ambassade des États-Unis à Bujumbura a pris une mesure drastique. Dans un communiqué publié samedi, elle annonce que le Département d’État américain a ordonné le départ des familles des employés de l’ambassade et autorisé le départ du personnel non essentiel en mission au Burundi.
Selon l’ambassade, certaines zones du pays présentent un risque accru de violences, notamment les provinces de Cibitoke et Bubanza, ainsi que le parc national de Kibira, en raison d’une recrudescence d’activités armées. À Bujumbura, l’ancien marché central, situé sur la chaussée Prince Louis Rwagasore, est également cité comme une zone à risque en raison de la criminalité violente.
Le communiqué précise que les déplacements du personnel diplomatique sont strictement limités, avec des restrictions sur les déplacements nocturnes en dehors de la province de Bujumbura Mairie et l’interdiction de se rendre au poste-frontière de Gatumba.Cette décision intervient dans un contexte régional tendu, marqué par l’avancée du groupe armé M23 dans l’est de la RDC.
Depuis début février, plus de 42 000 réfugiés congolais ont traversé la frontière pour fuir les combats, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).L’armée burundaise, qui soutient les forces congolaises contre le M23, a déployé plus de 10 000 soldats en RDC depuis 2023.
La montée des affrontements fait craindre une escalade régionale, d’autant plus que le Conseil de sécurité de l’ONU a récemment condamné le Rwanda pour son soutien présumé au M23.En réponse à cette crise, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a appelé vendredi à un cessez-le-feu immédiat, lors d’un échange téléphonique avec le président kényan William Ruto.
Washington, tout en soutenant l’intégrité territoriale de la RDC, cherche à désamorcer les tensions pour éviter une déstabilisation accrue de la région des Grands Lacs.L’ambassade des États-Unis au Burundi restera ouverte, mais elle prévient qu’elle pourrait ne pas être en mesure d’assurer des services d’urgence dans certaines zones du pays.
Elle rappelle également que les frontières peuvent être fermées sans préavis, compliquant davantage la situation pour les ressortissants étrangers et les populations locales affectées par la crise.
Par Komi ABLE


