
Dans un contexte diplomatique tendu, la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé la nomination de deux juristes africaines de renom, la juge botswanaise Sanji Monageng et l’avocate ghanéenne Evelyn Ankumah, en tant que conseillères spéciales du procureur Karim Khan. Cette décision intervient alors que la CPI est sous pression après l’émission d’un mandat d’arrêt controversé contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, qui a conduit les États-Unis à imposer des sanctions contre le procureur.
Sanji Monageng est une figure bien connue de la CPI. Ancienne juge de la Cour entre 2009 et 2018, elle a notamment siégé à la Division d’appel et a occupé le poste de première vice-présidente de l’institution. Elle possède également une longue expérience en matière de droits de l’homme et de justice pénale internationale.
De son côté, Evelyn Ankumah est une avocate chevronnée spécialisée dans le droit international et les droits de l’homme. Fondatrice et directrice exécutive de l’organisation Africa Legal Aid (AFLA), elle a consacré une grande partie de sa carrière à la promotion de la justice en Afrique et au renforcement du rôle des tribunaux internationaux sur le continent.
Ces nominations surviennent alors que la CPI traverse une période de turbulences diplomatiques. L’émission récente d’un mandat d’arrêt contre Benyamin Netanyahu pour des accusations de crimes de guerre a provoqué une réaction virulente de plusieurs États, notamment les États-Unis, qui ont imposé des sanctions contre le procureur Karim Khan.
Cette situation rappelle les tensions de 2020, lorsque l’administration Trump avait déjà pris des mesures similaires contre la CPI après l’ouverture d’enquêtes sur les actions américaines en Afghanistan.En intégrant deux expertes africaines à son équipe, le procureur Karim Khan semble vouloir renforcer la crédibilité de la CPI sur le continent.
La Cour a souvent été accusée de cibler principalement des dirigeants africains, alimentant des critiques sur un prétendu déséquilibre dans la justice internationale.Avec ces nominations, la CPI espère renforcer son engagement en faveur d’une justice impartiale et inclusive, tout en faisant face aux défis politiques et diplomatiques qui pèsent sur son action.
Par Komi ABLE


