
Une vive controverse a éclaté à l’Assemblée nationale sénégalaise ce vendredi après les déclarations du député-maire de Mbao, Abdou Karim Sall, affirmant que six soldats avaient été tués en Casamance par la rébellion indépendantiste. Cette annonce a immédiatement été contestée par le Premier ministre Ousmane Sonko, qui a catégoriquement démenti l’information.
Face à ses collègues députés, Abdou Karim Sall a déclaré que la situation en Casamance s’était récemment aggravée, évoquant des pertes humaines dans les rangs de l’armée. Une annonce qui a rapidement provoqué une réaction du chef du gouvernement.
Prenant la parole sans détour, Ousmane Sonko a réfuté ces affirmations, assurant qu’aucun militaire n’avait perdu la vie dans la région. « Il est irresponsable de diffuser de telles informations sans vérification », a-t-il martelé, appelant à ne pas instrumentaliser la situation sécuritaire à des fins politiques.
La Casamance, région du sud du Sénégal, est marquée par une instabilité chronique en raison du conflit opposant l’État sénégalais au Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), un groupe indépendantiste actif depuis les années 1980. Ces dernières années, plusieurs opérations militaires ont été menées pour affaiblir les factions rebelles, avec un relatif succès.
Cependant, des tensions subsistent, et les rumeurs sur des affrontements entre l’armée et les combattants indépendantistes sont fréquentes. Pour l’instant, aucune source officielle n’a confirmé de pertes militaires récentes.
Cet incident à l’Assemblée nationale illustre une nouvelle fois les tensions politiques qui entourent la gestion du dossier casamançais. Ousmane Sonko, originaire de cette région, s’est toujours positionné en fervent défenseur d’une résolution pacifique du conflit, contrastant avec d’autres figures politiques prônant une approche plus militaire.
Alors que le gouvernement appelle à la prudence et à la responsabilité dans la diffusion d’informations sensibles, l’opposition pourrait chercher à utiliser cette polémique pour remettre en question la gestion sécuritaire du pays.
Le Ministère des Forces armées devrait bientôt publier un communiqué pour clarifier la situation et mettre un terme aux spéculations.
Par Komi ABLE


