
Alors que l’année 2025 marque une étape cruciale pour le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée, la question de la candidature du général Mamadi Doumbouya à l’élection présidentielle devient de plus en plus pressante. Si le chef de la transition ne s’est pas encore officiellement prononcé, plusieurs indices laissent penser qu’il pourrait briguer la magistrature suprême.
Lors d’un rassemblement au Port autonome de Conakry, le ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, a exprimé son soutien à une candidature du président de la transition. « Le président de la République, le général Doumbouya, est un homme d’action, un homme de progrès », a-t-il affirmé devant une foule acquise à la cause du chef de l’État.
Plus marquant encore, il a révélé que des travailleurs du secteur des transports et des dockers avaient déjà pris l’engagement de financer la caution du président. « Comme en 1958, ils se sont engagés ici, devant nous, à payer la caution du candidat Mamadi Doumbouya », a-t-il ajouté, suggérant que Doumbouya est désormais perçu comme le candidat naturel d’une partie de la société guinéenne.
L’élection présidentielle de 2025 est censée marquer la fin de la transition militaire et le retour à un pouvoir civil. Cependant, l’annonce d’une candidature de Doumbouya pourrait être perçue comme une continuité du régime actuel, suscitant des tensions au sein de la classe politique et de la société civile.
Certains opposants dénoncent déjà une tentative de confiscation du pouvoir par l’armée, tandis que les partisans de Doumbouya mettent en avant ses réformes et son engagement pour la refondation de l’État.Si Mamadi Doumbouya décide de se porter candidat, il devra affronter une opposition qui, bien que fragmentée, cherche à s’unir pour contrer toute tentative de prolongation du régime militaire.
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) et les observateurs internationaux suivront de près l’évolution du processus électoral, dans un pays où les transitions politiques ont souvent été sources d’instabilité.Dans l’attente d’une déclaration officielle du général-président, la Guinée retient son souffle.
L’élection à venir sera-t-elle le véritable tournant démocratique espéré ou une prolongation déguisée du pouvoir en place ? Les mois à venir seront déterminants.
Par Komi ABLE


