
Lors d’une réunion du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine (UA) consacrée à la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), le président rwandais Paul Kagame a vivement critiqué l’approche de Kinshasa dans la gestion du conflit.
Dans un discours au ton ferme, le chef d’État rwandais a catégoriquement nié toute implication de son pays dans les violences qui secouent l’Est congolais. « Si les jeux de reproches, les beaux discours, les mensonges et l’absence de honte étaient la solution à ce problème, il serait résolu depuis longtemps », a-t-il déclaré, dénonçant ce qu’il perçoit comme une tendance de Kinshasa à attribuer la responsabilité du chaos à des acteurs extérieurs.
Cette déclaration intervient alors que les tensions entre la RDC et le Rwanda restent vives. En décembre 2024, un sommet de médiation organisé à Luanda sous l’égide du président angolais João Lourenço avait été marqué par l’absence de Kagame, une décision largement critiquée et perçue comme un frein aux efforts de paix.
De son côté, la Première ministre congolaise Judith Suminwa, présente à la réunion de l’UA, a réaffirmé les accusations de Kinshasa contre Kigali. Selon elle, le Rwanda continue de soutenir activement le mouvement rebelle du M23, qui déstabilise la province du Nord-Kivu. Cette déclaration aurait provoqué une réaction immédiate du président rwandais, qui, selon des témoins, a quitté la salle en signe de protestation.
Face à l’impasse diplomatique et à la détérioration de la situation sécuritaire, plusieurs chefs d’État africains ont exhorté les parties à reprendre le dialogue. Le président Félix Tshisekedi a appelé l’UA à jouer un rôle plus actif dans la résolution du conflit, tout en réaffirmant la souveraineté de son pays.
L’incapacité des instances régionales à trouver un terrain d’entente entre Kigali et Kinshasa risque de prolonger l’instabilité dans l’Est de la RDC, où des millions de civils continuent de souffrir des violences.
Alors que les tensions restent vives, la communauté internationale suit de près l’évolution de cette crise qui menace la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs.
Par Komi ABLE


