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Une administration corrompue et une justice défaillante : le calvaire d’un citoyen de Keur Massar

Dans un pays où la justice devrait être le pilier de la paix sociale, certains citoyens se retrouvent piégés dans un système administratif et judiciaire gangréné par la corruption et les influences politiques. C’est le cas de A.D, un habitant de Keur Massar, au Sénégal, qui lutte depuis des années pour résoudre un litige foncier qui menace la sécurité et la tranquillité de sa famille. Son histoire met en lumière les dysfonctionnements d’une administration locale et d’une gendarmerie accusées de jouer avec les dossiers des citoyens ordinaires.

Un litige foncier qui dure depuis des années

Tout commence il y a plus de deux ans, lorsque A.D, titulaire d’un titre foncier en règle, entame la construction de sa maison à Keur Massar. Pour préserver une certaine harmonie avec ses voisins, il décide de construire un mur de séparation. Cependant, cette initiative est perçue comme une provocation par la cadette de la famille voisine, qui démolit le mur sous prétexte que A.D n’aurait pas le droit de construire sur ce terrain. Pourtant, A.D dispose de tous les documents légaux attestant de sa propriété.

Face à cette situation, A.D tente d’abord de régler le conflit à l’amiable. Il sollicite l’intervention du chef de quartier, puis fait appel à un médiateur. Malheureusement, ces démarches n’aboutissent à rien, et les tensions ne font que s’aggraver. Les voisins, soutenus par un militante d’un parti politique local (APR), multiplient les intimidations et les menaces, rendant la vie impossible à A.D et sa famille.

La gendarmerie de Keur Massar : un maillon faible de la chaîne judiciaire

En désespoir de cause, A.D décide de porter plainte à la gendarmerie de Keur Massar. Il espère que les forces de l’ordre pourront lui rendre justice et mettre fin à ce harcèlement quotidien. Mais là encore, il se heurte à un mur d’indifférence et de corruption. Le dossier, manipulé par des gendarmes accusés d’être à la solde des influents du quartier, traîne sans avancer. Chaque fois que A.D se rend à la gendarmerie pour suivre l’évolution de son dossier, on lui répond que le dossier est en cours de traitement, sans jamais lui donner de réponses concrètes.

En 2024, après la mutation de l’ancienne équipe de la gendarmerie, A.D reprend espoir. Il dépose une nouvelle plainte, croyant que la nouvelle équipe sera plus impartiale. Mais son espoir est de courte durée. Le dossier continue de stagner, et les gendarmes semblent incapables de fournir des informations claires. Lorsqu’il se rend au tribunal pour demander des explications, le procureur lui renvoie la balle en lui demandant de retourner à la gendarmerie pour obtenir le numéro de son dossier. De retour à la gendarmerie, on lui affirme que le dossier a été envoyé au tribunal, mais qu’il est impossible de retrouver son numéro. Finalement, A.D apprend que son dossier a été classé sans suite, sans aucune explication ni justification.

Une vie de harcèlement et d’insécurité

Pour A.D, cette décision est un coup dur. Non seulement il se sent trahi par un système censé le protéger, mais il doit également faire face à une situation de plus en plus insupportable à son domicile. Les insultes, les menaces et les agressions physiques se multiplient. Sa femme et ses enfants sont régulièrement pris pour cibles par leurs voisins. Récemment, sa femme a été battue par les voisines, et sa fille a reçu un coup de pelle sur la tête. Ces actes de violence ont plongé la famille dans un état de peur et d’insécurité permanent.

A.D, qui part travailler tôt le matin, vit dans l’angoisse de laisser sa famille seule face à ces voisins hostiles. Il ne demande qu’une chose : que la justice fasse son travail et lui permette de vivre en paix sur sa propriété. Mais face à une administration corrompue et une gendarmerie complice, son combat semble sans fin.

Un appel à la refonte du système

L’histoire de A.D n’est malheureusement pas un cas isolé. Elle reflète les dysfonctionnements d’un système judiciaire et administratif qui favorise les puissants au détriment des citoyens ordinaires. La gendarmerie de Keur Massar, accusée de jouer avec les dossiers et de classer les litiges sans suite, symbolise cette dérive. Le Sénégal, pays de démocratie et de droit, mérite mieux. Il mérite une refonte en profondeur de ses institutions pour garantir à tous ses citoyens une justice équitable et impartiale.

En attendant, A.D continue de se battre pour sa famille et pour son droit à vivre en paix. Son histoire est un rappel poignant de l’urgence de réformer un système qui, aujourd’hui, ne protège pas ceux qui en ont le plus besoin.

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