
Chaque année, les scientifiques et écologistes se mobilisent pour le comptage des oiseaux d’eau sur l’ensemble du territoire sénégalais. Ce travail minutieux permet d’évaluer l’évolution des écosystèmes aquatiques et d’identifier les changements affectant la biodiversité.
Dans un entretien exclusif avec L’INFO, Dr Adrien Coly, spécialiste en ornithologie et enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, revient sur les enjeux majeurs de cette campagne et son impact sur la conservation des habitats naturels.
Selon Dr Adrien Coly, les oiseaux d’eau jouent un rôle fondamental dans l’analyse de l’état des milieux humides. Ces oiseaux sont des indicateurs biologiques sensibles aux variations environnementales.
Toute modification dans leurs effectifs ou leur répartition peut révéler des déséquilibres écologiques. L’étude de ces espèces permet de suivre l’évolution des zones humides, des estuaires, des mangroves et des lacs qui abritent une diversité importante d’oiseaux migrateurs et résidents.
La pollution, l’urbanisation, la déforestation et le changement climatique ont un impact direct sur ces populations. Un suivi rigoureux permet d’anticiper les conséquences et d’adapter les politiques de conservation.
Le dénombrement des oiseaux d’eau, qui se déroule chaque année, mobilise des chercheurs, des étudiants, des bénévoles et des associations environnementales. Ce travail de terrain s’effectue dans plusieurs zones stratégiques, notamment : le Delta du fleuve Sénégal, le parc national du Djoudj, le bassin du Saloum, la réserve de la Langue de Barbarie et les zones humides de Casamance.
L’objectif est de recenser les espèces présentes, d’analyser leur répartition et d’identifier les tendances démographiques.Le Sénégal, en tant que carrefour migratoire, a une responsabilité majeure dans la protection de ces espèces emblématiques, essentielles à la biodiversité mondiale.
Par Komi ABLE


