
Alors que le Cameroun se prépare pour l’élection présidentielle d’octobre prochain, les premiers mouvements politiques commencent à prendre forme.
Ce lundi 27 janvier, le Conseil des Chefs Traditionnels, regroupant près d’un millier de chefs issus des dix régions du pays, a déclaré son soutien à la candidature du président Paul Biya, âgé de 92 ans, pour un nouveau mandat.
Un « soutien ferme et définitif »
Lors d’une réunion organisée au Palais des Congrès de Yaoundé, les chefs traditionnels ont exprimé leur appui « sans réserve » à Paul Biya, qui cumule 42 ans au pouvoir depuis son accession à la présidence en 1982. Cette prise de position officielle s’inscrit dans un contexte de débats intenses autour de la légitimité d’une nouvelle candidature du président, qui continue de diviser l’opinion publique camerounaise.
Une mobilisation nationale
Selon les informations fournies par le ministère de l’Administration territoriale, environ 300 chefs traditionnels représentant les quatre grandes aires géographiques et culturelles du pays ont participé à cette rencontre. Lors des travaux, les autorités traditionnelles ont mis en avant leur rôle en tant que gardiens des valeurs culturelles et de la stabilité sociale, estimant que Paul Biya reste le garant de cette stabilité.
Un contexte politique tendu
La question d’un nouveau mandat pour Paul Biya suscite des réactions variées. Si ses partisans mettent en avant son expérience et sa gestion des crises, ses détracteurs dénoncent un pouvoir perçu comme vieillissant et déconnecté des réalités socio-économiques du pays. À quelques mois du scrutin, cette déclaration des chefs traditionnels pourrait renforcer la position du président sortant, tout en accentuant les tensions avec les partisans d’un changement politique.
Un symbole de continuité ou un frein au changement ?
Alors que les Camerounais se préparent à l’une des élections les plus scrutées du continent, la candidature de Paul Biya, qui pourrait marquer un septième mandat consécutif, reste un sujet de débats passionnés. Le rôle des chefs traditionnels dans ce soutien public souligne l’importance des alliances entre institutions traditionnelles et politiques au Cameroun, mais pourrait également raviver les critiques concernant l’indépendance de ces autorités locales.
La route vers octobre 2025 s’annonce donc déterminante pour l’avenir du Cameroun. Reste à savoir si cet appui influencera significativement les électeurs ou suscitera davantage de mobilisations en faveur de l’alternance politique.


