
La situation carcérale à Ziguinchor se dégrade de jour en jour.
L’absence prolongée d’un juge d’instruction depuis le départ de Me Diack en août dernier met à mal le fonctionnement de la justice dans cette région.
C’est l’alerte lancée par l’Organisation Nationale d’Assistance Juridique et Judiciaire (ONA2J).
Selon l’organisation, la Maison d’Arrêt et de Correction de Ziguinchor compte actuellement plus de 250 détenus, dont une grande majorité attend d’être jugée.
Cette surpopulation carcérale, couplée à l’absence de juge d’instruction, entraîne des violations des droits fondamentaux des détenus, notamment le droit à un procès équitable dans un délai raisonnable.
Un appel urgent aux autorités
Face à cette situation critique, l’ONA2J demande au gouvernement de prendre des mesures urgentes pour remédier à cette carence judiciaire.
L’organisation plaide pour la création d’un second cabinet d’instruction à Ziguinchor et l’affectation rapide de deux juges d’instruction.
« Cette situation est intolérable », déclare un représentant de l’ONA2J.
« Les droits des détenus sont bafoués et la justice est mise à mal. Nous appelons le ministère de la Justice à prendre ses responsabilités et à agir rapidement ».
Le rôle essentiel du juge d’instruction
Le juge d’instruction joue un rôle central dans la procédure pénale.
Il est chargé de diriger l’enquête, de recueillir les preuves et de déterminer s’il y a lieu de renvoyer les suspects devant le tribunal.
Son absence a donc des conséquences directes sur le bon déroulement des procédures judiciaires et sur le respect des droits des justiciables.
Un hommage au greffier
L’ONA2J a tenu à saluer le travail remarquable du greffier du cabinet d’instruction, Me Seye, qui assure l’intérim dans des conditions difficiles.
Cependant, l’organisation rappelle que le greffier ne peut se substituer au juge d’instruction et que la présence de magistrats titulaires est indispensable pour garantir le bon fonctionnement de la justice.
Enjeux nationaux
La situation à Ziguinchor est révélatrice d’un problème plus large qui touche l’ensemble du système judiciaire sénégalais.
Le manque de moyens, les retards de procédure et les violations des droits de la défense sont des maux récurrents qui fragilisent la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire.



