
Ce qui devait être une opportunité lucrative pour la Caisse des dépôts et consignations (CDC) s’est transformé en un cauchemar financier. Fadilou Keïta, directeur général de la CDC, a exprimé sa profonde inquiétude sur l’état de ce projet dans une interview avec Le Soleil ce jeudi. Le projet en question concerne la commercialisation de 30 hectares de l’assiette foncière de l’aéroport militaire Léopold Senghor, acquis par la CDC auprès de la Direction des impôts et domaines (DGID) pour 60 milliards de francs CFA.
L’objectif initial était de viabiliser ces parcelles pour les revendre aux Sénégalais. Cependant, ce qui semblait être une affaire rentable est devenu un véritable gouffre financier pour la CDC. « Les intérêts de la CDC ont totalement été compromis », déplore Fadilou Keïta. Il explique que les coûts associés au projet, notamment le prix du terrain, les frais de viabilisation, le coût de commercialisation, et la rénovation de la station de pompage, ont explosé, rendant l’opération insoutenable.
En plus de ces charges élevées, le taux d’intérêt du crédit bancaire utilisé pour financer l’opération n’a pas été avantageux, aggravant encore la situation. Ces divers facteurs ont transformé une potentielle affaire juteuse en un fardeau financier pour la CDC.
Pour faire la lumière sur cette affaire, l’Inspection générale d’État (IGE) a été saisie. Fadilou Keïta indique que des actes illégaux ont été commis, avec des contrats de vente signés par des personnes non habilitées. Il avertit que des poursuites judiciaires pourraient suivre une fois les conclusions de l’IGE publiées.
La CDC fait face à un autre projet problématique : une assiette de 5,5 hectares située aux Mamelles. Ce projet, lui aussi, aurait compromis les intérêts de la CDC, et l’IGE devrait également se pencher sur ce dossier.

