En 2012, personne, même les plus sceptiques et les plus réticents à Macky n’auraient jamais imaginé le scénario infernal que la démocratie sénégalaise vit en 2024.
Il n’existe pas de signes avant coureurs qui peut détecter la trahison mais et surtout la mauvaise fois.
Pourtant, ceux qui l’ont accompagné, tout au long de sa carrière et de son ascension, détectaient déjà. en lui, un personnage terne, sans saveurs mais avec un flair d’opportunisme sans égal.
C’est ainsi qu’il passa d’un parti maioste à un parti libéral, sans aucun gêne et sans même susciter la curiosité de ses biographes vendeurs, d’arbres généalogiques taillés sur commande, de plume et de difficultés pour récolter des facilités.
On ne peut, pourtant pas lui nier, certaines qualités politiques s’il est vrai qu’il en existe. Comme celle d’avoir su monter l’administration territoriale en sa faveur et d’abandonner le bateau libéral pour se faire des ailes et remporter haut la main les élections de 2012, et ensuite, trahir tout le monde en foulant des pieds ses propres déclarations de réduire son mandat, mais et surtout des les décisions des états généraux qu’il avait signées, avec autant d’enthousiasme que de tartufferies
Qu’en soit, diront certains, il en va de la dynamique du jeu politique fait de trahison, de revirement mais et surtout de coopter des transhumants qui naguère le qualifiaient avec les pires épithètes et substantifs de la société coutumière sénégalaise, encore divisée en terme de castes et ses croyances obscurantistes.
Jamais dans l’histoire de ce pays, un dirigeant n’a été aussi bas et aussi médiocre.
La collusion famille état, ne peut nous amener qu’à la situation actuelle.
Un grand ami journaliste allemand de Der Spiegel, fin observateur de la scène politique africaine, m’avait pourtant dit en 2022 que Macky Sall n’organiserait pas des élections de son propre gré.
Je n’ai pu cesser de penser à ce dialogue insolite et futuriste.
Dans l’esprit de ceux se sont installés au cœur du pouvoir, le perdre est une question de survie et de conjurer la prison.
Il est temps de se demander, comment quelqu’un, qui a étudié dans des écoles publiques, des universités publiques, devenu président grâce à l’argent public peut-il sombrer dans la déchéance, au point des tuer des dizaines de jeunes et en emprisonner des milliers, d’aucuns avec l’âge de 13 ans?
Comment quelqu’un élu président, grâce à un système électoral robuste en est arrivé à subvertir ce même système et l’utiliser comme moyen de combatre ses adversaires?
Pour les péchés des pères, les enfants payeront jusqu’à la troisième génération nous dit la bible.
Macky est l’instrument de Dieu qui nous a plongé dans la souffrance comme un divin remède à nos impuretés diront les religieux et autres corollaires du conformisme.
Mais Dieu n’est pas tout dans cette histoire.
Il y’a l’illusion perdue d’une démocratie sénégalaise résiliante et la démonstration de la fragilité de nos institutions devant la gourmandise d’état.
Il y a les calculistes, pour ne pas dire les opportunistes, qui guettent l’occasion de se sucrer en participant à ce théâtre macabre, pour enterrer le droit
Il n’y a que le bruit et la fureur au pays d’un président sans aucune qualité, pour penser au-delà de son propre nombril.
Il pleut sur Dakar comme
il pleuvait sur Santiago en 1973.
Ils sont des dizaines de Salvador alliendés tombés victimes de l’horreur et de la barbarie par celui qui avait comme mission de les protéger et les inculquer le savoir.
Chaque jour de Macky nous fait vivre cette horreur suprême: la mort d’un patient (Sénégal) tué par son propre médecin (le président).
(Lettre ouverte du professeur Pape Matar Ndiaye Université de Rio de Janeiro Brésil , Spécialiste des hydrocarbures)


