
Le Général de brigade Abdourahamane Tiani, chef du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), a officiellement pris ses fonctions en tant que président de la République du Niger pour une période de transition de cinq ans renouvelable.
La cérémonie d’investiture s’est tenue à Niamey, en présence des membres du gouvernement, des représentants de l’armée et de plusieurs figures de la société civile. Le Général Tiani a été promu au rang de général cinq étoiles, une reconnaissance symbolique de son nouveau statut en tant que chef de l’État.
Dans son premier discours en tant que président, Abdourahamane Tiani a qualifié ce moment de « nouveau départ » pour le pays, affirmant que son administration s’emploiera à restaurer la sécurité, renforcer la souveraineté nationale et assainir la gestion de l’État.
« Nous devons tourner la page des anciennes pratiques et reconstruire un Niger fort, juste et indépendant », a-t-il déclaré devant un parterre d’invités.
Dissolution des partis politiques et amnistie des prisonniers
Lors de son investiture, plusieurs ordonnances présidentielles ont été signées, dont :
La dissolution de tous les partis politiques, justifiée par la nécessité d’assainir la vie politique et de prévenir toute instabilité pendant la transition.
L’amnistie générale des prisonniers politiques et militaires, une mesure destinée à favoriser la réconciliation nationale après les tensions ayant suivi le coup d’État du 26 juillet 2023.
Ces décisions, bien que controversées, s’inscrivent dans la Charte de la refondation, adoptée en février dernier, qui encadre la transition politique en cours.
Si certains citoyens et partisans du CNSP saluent ces décisions comme des mesures nécessaires pour garantir la stabilité du Niger, d’autres expriment des inquiétudes, notamment sur la suppression du pluralisme politique et le risque de renforcement du pouvoir militaire.
Par ailleurs, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réagi avec prudence, appelant le gouvernement de transition à fixer un calendrier clair pour un retour à l’ordre constitutionnel.
Le Niger rejoint ainsi la liste des pays sahéliens dirigés par des juntes militaires, aux côtés du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée, qui ont également instauré des transitions prolongées.
La prochaine étape pour le gouvernement de Tiani sera de rassurer aussi bien la population que la communauté internationale sur la viabilité et la légitimité de cette transition.
Reste à voir si le président nouvellement investi tiendra ses engagements et parviendra à mener le Niger vers une stabilité durable.
Par Komi ABLE


