
Un magistrat du pôle des crimes contre l’humanité du parquet de Paris a été désigné pour enquêter sur des allégations de séquestration et de torture visant Sylvia Bongo Ondimba et son fils, Noureddin Bongo Valentin.
Cette enquête fait suite à une plainte déposée en mai 2024 par leurs avocats, François Zimeray, Catalina de la Sota et Gisèle Eyue Bekale, à l’initiative de Léa Bongo, épouse de Noureddin.Sylvia Bongo, 61 ans, et Noureddin Bongo, 32 ans, sont actuellement détenus à la prison centrale de Libreville. Ils ont été arrêtés à la suite du coup d’État militaire du 30 août 2023, qui a mis fin au règne d’Ali Bongo Ondimba, président du Gabon depuis 2009.
Ils font face à de lourdes accusations, notamment de corruption, détournement de fonds publics, blanchiment de capitaux, recel, ainsi que de faux et usage de faux.Les avocats des Bongo dénoncent des conditions de détention qu’ils jugent inhumaines.
Selon eux, Sylvia et Noureddin Bongo seraient victimes de traitements dégradants, incluant l’isolement prolongé, des pressions psychologiques et l’absence de soins médicaux appropriés. Ils affirment que ces actes pourraient être qualifiés de torture au regard du droit international.
« Nous avons des éléments crédibles attestant de sévices subis par nos clients. Le silence face à ces violations des droits humains ne peut plus durer », a déclaré Me François Zimeray.L’ouverture de cette enquête à Paris pourrait avoir des répercussions sur les relations entre la France et le Gabon.
Le gouvernement gabonais, dirigé par le général Brice Oligui Nguema depuis le putsch, n’a pas encore réagi officiellement à cette nouvelle procédure judiciaire en France.Cette affaire met en lumière les tensions persistantes depuis la chute d’Ali Bongo.
Tandis que le régime actuel justifie les arrestations de Sylvia et Noureddin Bongo par la lutte contre la corruption, leurs soutiens dénoncent une volonté d’éliminer toute opposition politique à la transition en cours.
L’enquête en France pourrait ainsi raviver le débat sur les droits de l’homme au Gabon et accentuer la pression internationale sur Libreville.
Par Komi ABLE


