
Pendant de longues années passées dans l’opposition, le leader du Pastef s’est présenté comme l’homme providentiel, investi d’une mission quasi divine pour sauver Ziguinchor. Ses discours, nourris de promesses ambitieuses et souvent populistes, annonçaient un avenir prospère, un développement économique fulgurant et la création de milliers d’emplois pour la jeunesse locale. Ces engagements ont suscité un immense espoir au sein de la population, qui a adhéré massivement à cette vision et accordé sa confiance au Pastef.
Porté par cet engouement populaire, le parti a remporté toutes les consultations électorales dans la commune, reléguant au second plan d’autres fils et filles de Ziguinchor qui avaient pourtant choisi de contribuer au développement local à travers des investissements, des initiatives économiques et des actions concrètes en faveur de l’emploi. Paradoxalement, ces acteurs engagés ont souvent été présentés comme des traîtres ou accusés de manquer d’amour pour la Casamance, simplement parce qu’ils ne partageaient pas la ligne politique d’Ousmane Sonko et refusaient de rejoindre le Pastef.
Aujourd’hui, la réalité semble bien différente des promesses qui avaient nourri tant d’espérances. Une fois au pouvoir, le Pastef peine à convaincre et laisse apparaître un décalage entre les discours d’hier et les résultats observés. Le vernis du changement promis s’est progressivement écaillé, laissant place à un sentiment de désillusion chez de nombreux Ziguinchorois. Les attentes suscitées se heurtent à l’absence de réalisations visibles, à une stagnation préoccupante et à une impression croissante d’abandon.
La commune de Ziguinchor, qui avait placé tant d’espoirs dans ce projet politique, se retrouve aujourd’hui confrontée à une gouvernance jugée incapable de répondre aux aspirations de sa population. Symbole de ces désillusions, le projet Burok, présenté naguère comme un levier majeur du développement local, semble avoir disparu, emportant avec lui l’ensemble des promesses et des ambitions qui l’accompagnaient.
Pour beaucoup, cette disparition illustre l’écart entre les engagements pris et leur concrétisation. Elle alimente un débat de plus en plus vif sur la nécessité d’une gouvernance fondée davantage sur les résultats et les actions concrètes que sur les promesses et les slogans politiques.
Dr Ibrahima Mendy
Responsable APR Ziguinchor


