
Le journaliste sénégalais René Capain Bassène a retrouvé la liberté à la faveur d’une grâce présidentielle, plusieurs années après sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité dans le cadre de l’Affaire Boffa-Bayotte, l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles de ces dernières années au Sénégal.
L’information a été confirmée ce mercredi par plusieurs sources proches du dossier. Détenu depuis 2018, l’ancien chroniqueur et écrivain avait été reconnu coupable de complicité dans la tuerie de Boffa-Bayotte, une attaque armée survenue dans la région de la Casamance et qui avait coûté la vie à 14 personnes.
Au terme d’un procès très médiatisé, la justice sénégalaise l’avait condamné à la prison à vie pour association de malfaiteurs, complicité d’assassinat et participation à un mouvement insurrectionnel. Une décision que René Capain Bassène avait toujours contestée, clamant son innocence depuis son arrestation.
Son dossier avait suscité de nombreuses réactions au Sénégal comme à l’international. Des organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse avaient régulièrement exprimé leurs inquiétudes quant au déroulement de la procédure judiciaire et aux éléments retenus contre le journaliste.
La grâce présidentielle accordée à René Capain Bassène intervient dans un contexte d’apaisement politique et de volonté affichée de réconciliation nationale. Aucune déclaration officielle détaillée n’a, pour l’heure, précisé les motivations de cette mesure de clémence.
À sa sortie de prison, plusieurs de ses soutiens ont salué une « décision humanitaire et politique forte », tandis que des observateurs rappellent que l’Affaire Boffa-Bayotte continue de diviser l’opinion publique sénégalaise.
Le massacre de Boffa-Bayotte, perpétré en janvier 2018 dans le sud du Sénégal, demeure l’une des attaques les plus meurtrières enregistrées en Casamance depuis le début du conflit séparatiste dans cette région.
Par Aminata Diatta


