
À Kinshasa, l’« abacost » signe un retour remarqué dans l’univers de la mode masculine. Modernisé avec des cols Mao, des broderies raffinées, des perles ou encore des poches passepoilées, ce costume emblématique congolais séduit désormais une nouvelle génération d’amateurs d’élégance.
Contraction de « à bas le costume », l’abacost avait été popularisé sous le régime de Mobutu Sese Seko. Imposé aux fonctionnaires entre 1965 et 1997, il symbolisait une volonté d’affirmation identitaire face aux codes vestimentaires occidentaux jugés inadaptés au climat équatorial.
Longtemps associé à l’ancienne élite politique après la chute de Mobutu, ce vêtement retrouve aujourd’hui une place de choix dans les garde-robes. « C’est la tendance », assure le tailleur Serge Okasol, dont l’atelier est devenu une référence dans la capitale congolaise.
Formé à Paris avant de revenir au pays, Serge Okasol habille ministres, diplomates, généraux et hommes d’affaires. Certains clients commandent jusqu’à quinze costumes à la fois, pour des modèles pouvant coûter près de mille dollars l’unité.
Par Komi ABLE


