
Au Sénégal, des signes de crispation apparaissent au sommet de l’État entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. L’alliance politique qui a permis leur victoire lors de la élection présidentielle sénégalaise de 2024 semble aujourd’hui traverser une période de fragilité.
La première assemblée générale de la coalition « Diomaye Président », organisée le 7 mars à Dakar, marque un tournant. Créée pour soutenir la candidature du chef de l’État, cette structure politique semble désormais appelée à jouer un rôle plus large. Devant plusieurs centaines de partisans, le président a invité la coalition à se déployer dans tous les départements, communes, villages et quartiers du pays afin de renforcer sa base politique et promouvoir l’action gouvernementale.
Ce repositionnement est interprété par certains observateurs comme une volonté d’émancipation du chef de l’État vis-à-vis de PASTEF, le parti dirigé par Ousmane Sonko. Ces dernières semaines, près de 300 élus locaux ont rejoint la coalition et plusieurs textes fondateurs ont été adoptés.
Pour Abdoulaye Tine, membre de l’alliance, l’objectif est de clarifier le rôle de la structure. Selon lui, une coalition de conquête n’est pas nécessairement une coalition d’exercice du pouvoir, d’où la nécessité de recentrer l’organisation pour soutenir pleinement le mandat présidentiel.
Par Komi ABLE


