
Martine Bullo Diop, 18 ans, née et élevée à Mestre d’une mère vénitienne et d’un père sénégalais, a été proclamée lauréate de la traditionnelle Festa delle Marie, l’un des rendez-vous les plus attendus du Carnaval de Venise.
Organisée chaque année dans le cadre des célébrations carnavalesques, cette manifestation historique désigne celle qui incarnera la « Marie », figure symbolique chargée de représenter la ville de Venise et son héritage culturel pendant toute la durée des festivités. Cette tradition, qui remonte à plusieurs siècles, constitue l’un des temps forts du Carnaval.
Mais au lendemain de son élection, de nombreux commentaires à caractère raciste ont été publiés sur le profil officiel de la commune de Venise sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes ont notamment remis en cause la légitimité de la jeune femme à représenter la ville, en évoquant ses origines et la couleur de sa peau.
Ces réactions ont rapidement suscité l’indignation de nombreux utilisateurs, dénonçant des propos discriminatoires dans le contexte d’un événement culturel majeur. L’épisode relance le débat sur les questions de représentation et de diversité au sein de manifestations traditionnelles, dans une Italie où les enjeux liés à l’identité et à l’inclusion continuent de faire l’objet de discussions publiques.
L’élection de Martine Bullo Diop intervient ainsi dans un climat où les réseaux sociaux demeurent un espace de tensions, révélant la persistance de discours racistes, y compris lors d’événements festifs et patrimoniaux.
Par Aminata Diatta


