
Maryse Condé, une figure emblématique de la littérature francophone, s’est éteinte. Originaire de Guadeloupe, elle était reconnue pour ses romans, nouvelles, pièces de théâtre et mémoires qui ont façonné et redéfini le passé personnel et historique. Elle est décédée à l’âge de 90 ans.
Née Maryse Boucolon à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, Condé était l’une des six enfants d’une famille relativement aisée et éduquée. Dès son jeune âge, elle se passionne pour l’écriture, rédigeant des articles pour des journaux locaux et publiant des critiques de livres. Son engagement politique est né après la lecture du roman “La rue cases-nègres” de Joseph Zobel, qui l’a profondément marquée.
En tant que jeune idéaliste dans les années 1960, elle part en Afrique, où elle passe une grande partie de la décennie suivante. Elle découvre alors les réalités de l’oppression, à la fois coloniale et postcoloniale, qui influenceront son œuvre littéraire. Son premier roman, “Heremakhonon”, publié en 1976, explore ces thèmes et marque le début d’une carrière littéraire prolifique.
Condé était également une intellectuelle engagée, enseignant la littérature française et francophone à l’Université Columbia, parmi d’autres établissements prestigieux. Elle a été une voix influente dans la lutte pour la mémoire de l’esclavage, et son impact s’est fait sentir bien au-delà du monde littéraire.
Son dernier roman, “L’Évangile selon le Nouveau Monde”, publié en 2023, témoigne de sa perspicacité et de sa vision uniques. Condé laisse derrière elle un héritage littéraire durable et un profond impact sur la littérature francophone et postcoloniale.


