
Il y a vingt-six ans, le 24 décembre 1999, la Côte d’Ivoire vivait son premier coup d’État militaire. Le renversement du président Henri Konan Bédié par des soldats menés par le général Robert Guéï mettait brutalement fin à des décennies de stabilité politique héritées de l’ère Félix Houphouët-Boigny. Ce putsch a ouvert une longue période de crises politiques, sécuritaires et institutionnelles aux conséquences profondes sur l’économie et la cohésion nationale.
Ancienne ministre de la Communication à l’époque, Danielle Boni Claverie se souvient d’un choc total. Elle estime que le régime de Bédié avait été affaibli par le concept d’« ivoirité », qui a fracturé la société ivoirienne. Selon elle, le coup d’État de 1999 a marqué un tournant historique en banalisant progressivement le recours à la violence comme mode d’accès au pouvoir.
Depuis lors, le respect des institutions s’est érodé. Tentative de coup d’État de 2002 devenue rébellion armée, puis crise post-électorale de 2010-2011 : autant d’épisodes qui, selon Danielle Boni Claverie, trouvent leurs racines dans la rupture institutionnelle provoquée par le putsch de 1999.


