
La République démocratique du Congo s’apprête-t-elle à tourner une page de son histoire sécuritaire ? Le gouvernement congolais a présenté, vendredi 16 mai, devant l’Assemblée nationale, un projet de loi ambitieux visant à réformer en profondeur la Police nationale congolaise (PNC), longtemps critiquée pour ses abus, sa gestion opaque et sa répartition déséquilibrée à travers le pays.
Porté par le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, le texte prévoit un programme de réformes étalé sur cinq ans, de 2025 à 2029, avec pour objectif de professionnaliser la PNC, restaurer la confiance entre la population et les forces de l’ordre, et moderniser les infrastructures ainsi que les méthodes de travail.
Un budget colossal est envisagé pour cette refondation : 2,3 milliards de dollars, soit près de 460 millions de dollars par an. Ces fonds devront permettre, entre autres, la formation continue des agents, l’amélioration des conditions de travail, le redéploiement équitable des effectifs sur tout le territoire, et la mise en place de mécanismes de contrôle pour prévenir les bavures.
Cette réforme est perçue comme une priorité stratégique dans un pays où les défis sécuritaires sont multiples, notamment dans les régions de l’Est, en proie à des conflits armés, mais aussi dans les grandes villes où les violences policières et l’impunité restent des sujets de préoccupation.
Si le projet de loi est salué par plusieurs députés et membres de la société civile, son financement et sa mise en œuvre concrète suscitent des interrogations, dans un contexte économique tendu. Le gouvernement a d’ores et déjà appelé les partenaires internationaux à accompagner cet effort de transformation.
L’avenir dira si cette réforme marquera une véritable rupture ou si elle rejoindra la longue liste des promesses non tenues en matière de gouvernance sécuritaire en RDC.
Par Komi ABLE


