
Le Sénégal avance ses pions sur l’échiquier ouest-africain. Dans un communiqué publié ce 31 mai 2026, le gouvernement sénégalais a officialisé la candidature du Général d’armée aérienne (2S) Birame Diop à la présidence de la Commission de la CEDEAO, dont l’élection est prévue lors du sommet des chefs d’État de l’organisation en juillet prochain.
Portée par le président Bassirou Diomaye Faye, cette candidature traduit la volonté de Dakar de placer à la tête de l’institution régionale un profil sécuritaire expérimenté, dans un contexte sous-régional marqué par les crises politiques, les transitions militaires et la montée des menaces terroristes au Sahel.
Dans son communiqué, le ministère sénégalais des Affaires étrangères présente Birame Diop comme une personnalité « de grande valeur », reconnue pour son leadership, son intégrité et sa maîtrise des enjeux liés à la paix, à la sécurité et à l’intégration régionale.
Ancien Chef d’état-major général des Armées, ancien Chef d’état-major particulier du Président de la République et ex-patron de l’Armée de l’air, Birame Diop possède un parcours militaire dense. Mais c’est surtout son expérience internationale qui semble constituer l’un des principaux arguments de Dakar.
Le général sénégalais a notamment servi auprès des Nations unies comme conseiller militaire au Département des opérations de paix. À ce poste, il a participé aux réflexions sur la prévention des conflits et les politiques de maintien de la paix dans plusieurs zones sensibles.
Le communiqué rappelle également son implication dans les réformes du secteur de la sécurité en Afrique subsaharienne. Chercheur au National Endowment for Democracy et au Woodrow Wilson Center à Washington, Birame Diop a aussi contribué à la création de l’Institut africain pour le secteur de la sécurité, devenu plus tard Partners Senegal.
Sous l’égide de partenaires internationaux comme l’Union européenne et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), il a accompagné plusieurs États africains dans l’élaboration de politiques nationales de défense et de sécurité.
Au-delà de son parcours militaire, le Sénégal met également en avant son profil académique. Formé notamment à l’École royale de l’air de Marrakech, à l’Air University des États-Unis et à l’École de guerre de Paris, Birame Diop poursuit des travaux en diplomatie et relations internationales.
À travers cette candidature, le Sénégal entend peser davantage dans la gouvernance régionale à un moment charnière pour la CEDEAO. L’organisation fait face à des défis majeurs : tensions avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), instabilité politique persistante et remise en question de son influence dans plusieurs États membres.
Pour le Sénégal, l’expérience du Général Birame Diop pourrait contribuer à renforcer l’autorité et l’efficacité de la Commission dans une région en quête de stabilité.
Par Aminata Diatta



