
Au Sénégal, la proposition de loi portée par les députés de PASTEF soulève déjà de nombreuses interrogations. Alors qu’une requête en révision est pendante devant la Cour suprême du Sénégal dans l’affaire opposant Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang, faut-il voir dans cette initiative une coïncidence ou une stratégie politique mûrement réfléchie ? Pourquoi agir maintenant, et surtout, pour qui ?
Au cœur du débat, les articles L.29 et L.30 du Code électoral. Leur remise en cause pose une question essentielle : un citoyen condamné doit-il automatiquement perdre ses droits électoraux, ou cette décision doit-elle relever exclusivement du juge ? En voulant mettre fin aux radiations automatiques, les députés de PASTEF défendent-ils un principe universel de justice ou cherchent-ils à lever un obstacle précis ? Cette réforme pourrait-elle redéfinir les standards démocratiques ou ouvrir la voie à des dérives ?
Le rôle du Parlement, présidé par El Malick Ndiaye, est également scruté. Jusqu’où ira la majorité dans ce projet ? Le débat sera-t-il transparent et inclusif, ou dominé par des logiques partisanes ? Et que penser du timing, alors que le climat politique reste marqué par de fortes tensions ?
Enfin, une question centrale demeure : cette réforme profitera-t-elle uniquement à Ousmane Sonko, ou marquera-t-elle une avancée durable pour l’ensemble des citoyens sénégalais ? Derrière ce texte, se joue peut-être bien plus qu’une simple modification juridique : l’équilibre entre droit, politique et démocratie.
Par Komi ABLE


