
En Côte d’Ivoire, la polygamie est juridiquement interdite par le Code civil. Pourtant, elle reste une réalité sociale bien ancrée. Plusieurs études estiment qu’entre un quart et un tiers des femmes en union vivent dans un ménage polygame. Cela représenterait près de 700 000 foyers concernés à l’échelle nationale.
Dans les faits, de nombreuses unions religieuses ou coutumières échappent au cadre légal. Si le mariage civil impose la monogamie, les pratiques traditionnelles persistent, notamment en milieu rural. La pression sociale, le poids des coutumes et certaines considérations économiques expliquent cette continuité.
La polygamie est souvent perçue comme un héritage culturel. Pour certains, elle garantit la stabilité familiale et la solidarité. Pour d’autres, elle soulève des enjeux d’égalité, de droits des femmes et de protection sociale. Les associations de défense des droits humains appellent à un débat plus ouvert sur la question.
Entre loi et réalités sociales, la Côte d’Ivoire fait face à un paradoxe. Officiellement monogame, le pays demeure traversé par une pratique largement répandue mais rarement assumée publiquement.
Par Komi ABLE


