
Dans une initiative qui semble tout droit sortie d’une théorie du complot, l’entreprise russe Neiry a présenté son projet de « pigeons cyborgs » lors de sa conférence annuelle. L’idée : transformer de vrais pigeons en drones vivants, contrôlés à distance via une puce implantée dans leur cerveau. Selon la société, aucun entraînement n’est nécessaire, car les oiseaux croient toujours qu’ils volent librement. Le système ne les pilote pas directement, mais guide leurs mouvements vers des itinéraires prédéfinis, donnant l’impression d’un comportement naturel.
Les applications potentielles sont variées : surveillance urbaine, cartographie environnementale ou livraison de petites charges dans des zones difficiles d’accès. Les pigeons, plus discrets et silencieux que les drones classiques, offrent une alternative « naturelle » et difficilement détectable. Neiry insiste sur le respect du bien-être animal et assure que les cyborgs ne souffrent pas de leur transformation, bien que l’idée ait immédiatement déclenché un vif débat éthique.
Des experts alertent toutefois sur les risques liés à cette technologie. La frontière entre innovation scientifique et espionnage reste mince, et le contrôle d’êtres vivants pose des questions inédites sur l’éthique, la réglementation et la protection des animaux. Certains évoquent déjà des dérives possibles, surtout si cette technologie venait à se démocratiser.
Pour l’instant, les tests se limitent à des vols en laboratoire et à des expériences encadrées. Mais ce projet illustre une tendance inquiétante : l’alliance croissante entre biologie et robotique pourrait transformer notre rapport aux animaux, à la ville… et à la vie quotidienne. Neiry promet de poursuivre ses recherches, laissant planer le doute sur ce que l’avenir réserve aux « pigeons volants » de demain.
Par Komi ABLE


